Le besoin de consolidation s’intensifie dans les équipements aéronautiques
Les pressions sur les prix exercées par les grands avionneurs accélèrent les rapprochements de leurs équipementiers.
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Yves-Marc Le Réour
Avion bloqué sur l'aéroport de Roissy le 16 avril, photo Thierry Stefanopoulos/Bloomberg
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Face aux pressions tarifaires que leur imposent les avionneurs, les équipementiers aéronautiques sont contraints de se rapprocher. Après l’acquisition par le conglomérat chinois HNA du loueur d’avions CIT Aerospace pour 10 milliards de dollars (9,2 milliards d’euros) au début du mois, la prise de contrôle par l’américain Rockwell Collins de son compatriote B/E Aerospace pour 6,4 milliards de dollars, accompagnée d’une reprise de dette d’un montant net de 1,9 milliard, témoigne de la nécessité d’une meilleure maîtrise des coûts dans ce secteur. La transaction, payée à 55% en numéraire et à 45% en titres, fait apparaître une prime de 22,5% par rapport au cours de clôture de la cible vendredi.
Alors que Rockwell fabrique des systèmes électroniques et équipements de connectivité embarqués, B/E Aerospace est de son côté spécialisé dans les intérieurs de cabines. Compte tenu du faible recoupement de leurs lignes de produits, l’acquéreur privilégie ainsi la diversification de son portefeuille d’activités à l’extraction de synergies. Ces dernières sont estimées à 125 millions de dollars après impôts, plus «un gain annuel de 60 à 90 millions de dollars sur les coûts d’approvisionnement pendant six ans». Cette stratégie n’est pas sans risque au moment où le groupe élargi fera face à un ralentissement de la demande de la part de Boeing ou Airbus, après des années de commandes records. L’opération, qui devrait être bouclée au printemps 2017, a d’autre part relancé les spéculations sur le rachat du français Zodiac dont l’action a terminé hier en hausse de 1,3% à 21,73 euros. Les deux candidats les plus souvent cités comme acquéreurs potentiels sont le français Safran et l’américain United Technologies.
Mais «la valorisation de Zodiac apparaît élevée», d’autant plus que le groupe «perd des parts de marché suite aux problèmes industriels qu’il cherche à maîtriser», relève le bureau d’analyse de CM-CIC Markets. Il constate que la marge brute de Zodiac s’élève à 8,6% en 2016 et prévoit un niveau de 12,5% à l’horizon 2018. Or Rockwell Collins et B/E Aerospace dégagent actuellement une marge brute respective de 23,8% et 21,3%. Alors que la valeur d’entreprise de B/E Aerospace ressort à 13,6 fois son excédent brut d’exploitation pour l’exercice en cours, «le ratio de Zodiac est 40% plus élevé» sur ce même critère, souligne le bureau d’analyse.
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