Le besoin de consolidation s’intensifie dans les équipements aéronautiques
Face aux pressions tarifaires que leur imposent les avionneurs, les équipementiers aéronautiques sont contraints de se rapprocher. Après l’acquisition par le conglomérat chinois HNA du loueur d’avions CIT Aerospace pour 10 milliards de dollars (9,2 milliards d’euros) au début du mois, la prise de contrôle par l’américain Rockwell Collins de son compatriote B/E Aerospace pour 6,4 milliards de dollars, accompagnée d’une reprise de dette d’un montant net de 1,9 milliard, témoigne de la nécessité d’une meilleure maîtrise des coûts dans ce secteur. La transaction, payée à 55% en numéraire et à 45% en titres, fait apparaître une prime de 22,5% par rapport au cours de clôture de la cible vendredi.
Alors que Rockwell fabrique des systèmes électroniques et équipements de connectivité embarqués, B/E Aerospace est de son côté spécialisé dans les intérieurs de cabines. Compte tenu du faible recoupement de leurs lignes de produits, l’acquéreur privilégie ainsi la diversification de son portefeuille d’activités à l’extraction de synergies. Ces dernières sont estimées à 125 millions de dollars après impôts, plus «un gain annuel de 60 à 90 millions de dollars sur les coûts d’approvisionnement pendant six ans». Cette stratégie n’est pas sans risque au moment où le groupe élargi fera face à un ralentissement de la demande de la part de Boeing ou Airbus, après des années de commandes records. L’opération, qui devrait être bouclée au printemps 2017, a d’autre part relancé les spéculations sur le rachat du français Zodiac dont l’action a terminé hier en hausse de 1,3% à 21,73 euros. Les deux candidats les plus souvent cités comme acquéreurs potentiels sont le français Safran et l’américain United Technologies.
Mais «la valorisation de Zodiac apparaît élevée», d’autant plus que le groupe «perd des parts de marché suite aux problèmes industriels qu’il cherche à maîtriser», relève le bureau d’analyse de CM-CIC Markets. Il constate que la marge brute de Zodiac s’élève à 8,6% en 2016 et prévoit un niveau de 12,5% à l’horizon 2018. Or Rockwell Collins et B/E Aerospace dégagent actuellement une marge brute respective de 23,8% et 21,3%. Alors que la valeur d’entreprise de B/E Aerospace ressort à 13,6 fois son excédent brut d’exploitation pour l’exercice en cours, «le ratio de Zodiac est 40% plus élevé» sur ce même critère, souligne le bureau d’analyse.
{"title":"","image":"130057»,"legend":"","credit":"Illustration L’Agefi."}
Plus d'articles du même thème
-
Lufthansa dame le pion à Air France-KLM pour le contrôle du portugais TAP
Le montant total déboursé par la compagnie allemande atteindra jusqu'à 1,2 milliard d'euros, une offre sensiblement supérieure à la proposition du groupe de transport aérien franco-néerlandais. -
Blackstone cède ZO Skin Health à Galderma pour 1,5 milliard de dollars
En rachetant la marque californienne fondée par le Dr Zein Obagi, le leader mondial de la dermatologie entend renforcer son offre dans le segment des soins haut de gamme vendus dans le circuit médical. -
Air France-KLM est en passe de perdre la partie face à Lufthansa pour entrer au capital de TAP
La compagnie aérienne devrait être choisie par le Portugal pour prendre une importante participation dans le transporteur national.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- La folie IA pousse l'ingénierie financière dans ses retranchements
Contenu de nos partenaires
-
EditorialJean-Luc Mélenchon, un budget contre la France
En voilà un, au moins, qui se moque comme de l’an quarante des avertissements du FMI et des alertes de la Banque centrale européenne sur l’état catastrophique des finances publiques françaises. Comme si de rien n’était en effet, Jean-Luc Mélenchon a présenté mercredi son projet de budget pour la France ; on devrait dire « projet de budget contre la France », tant il contient de bombes à fragmentation : explosion de la pression fiscale, des dépenses de l’Etat, du nombre des emplois publics et des budgets sociaux, torpillage de la création de richesse dans l’entreprise, dynamitage de ce qu’il reste de la réforme des retraites avec retour à l’âge légal de 60 ans. -
Apre au gain
« C'était une négociation difficile » : les retraites complémentaires revalorisées de 1,4 %
Après des heures de discussions sous tension, patronat et syndicats ont arraché un compromis de justesse pour éviter le gel des pensions complémentaires des 14 millions de retraités du privé -
La Fabrique de l'OpinionEric Hazan : « La classe moyenne décroche lentement, sans bruit, sans drame visible »
D’Aristote à Tocqueville, les penseurs de la démocratie l'ont dit : une démocratie ne survit que grâce à des classes moyennes prospères. Alors qu'en France, elles décrochent et basculent vers les extrêmes, Eric Hazan, expert des mutations économiques et sociales, publie un essai intitulé « Veut-on sacrifier les classes moyennes ? » (éd. de l’Observatoire).