L’audience sur l’OPA du Club Med est attendue avant la fin de l’année
Nouvelle étape dans la difficile OPA de Gaillon Invest (réunissant Axa Private Equity, le chinois Fosun et le management du Club) sur le Club Méditerranée. Le premier président de la cour d’appel de Paris a confirmé vendredi qu’il prenait acte de la décision de l’AMF du 6 août dernier de prolonger l’OPA sine die. Initialement l’offre –relevée fin juin de 17 à 17,50 euros– était ouverte du 17 juillet au 30 août. Mais les recours déposés par l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) présidée par Colette Neuville et le fonds d’investissement Charity Investment Asset Management (Ciam) demandant l’annulation de la décision de conformité de l’AMF du 16 juillet dernier ont allongé le calendrier. La cour, qui a joint les deux procédures, fixera le 24 septembre la date d’audience. Celle-ci pourrait avoir lieu avant la fin de l’année. On peut espérer une procédure plus rapide que dans l’affaire Icade-Silic, où la cour d’appel n’avait rendu son jugement que 14 mois après la décision de conformité de l’AMF contestée.
«Nous contestons l’analyse indépendante, explique Julien Visconti, avocat de Ciam. D’une part, l’expert [Accuracy, ndlr] peut-il être qualifié d’indépendant alors que sur les 29 derniers mois il a réalisé trois missions de due diligence pour le compte d’Axa PE, l’un des initiateurs de l’offre? D’autre part, l’expert a déterminé le juste prix en se fixant essentiellement sur la méthode des flux de trésorerie disponible (DCF), la plus malléable. Enfin, l’expert n’a pas remis en cause la fourchette de valorisation, de 14,80 à 17,60 euros, émise par les banques initiatrices [Société Générale CIB, Natixis, et Crédit Agricole CIB], alors même que l’analyste de la Société Générale valorisait le Club en avril à 18,20 euros selon la même méthode des flux actualisés.»
Par ailleurs, «nous pointons les nombreux conflits d’intérêt de ce dossier, poursuit Julien Visconti. En effet, les auteurs de l’offre sont initiés, Axa PE et Fosun siègent au conseil, et agissent de concert avec le management.» De plus, Henri Giscard d’Estaing et Michel Wolfovski, respectivement PDG et directeur financier du Club Med, «bénéficient d’actions de préférence qui leur permettent de facto de se renforcer à bon prix à 17,50 euros en retirant le titre de la cote au plus bas. Ils sont donc en situation de conflit d’intérêts avéré avec les actionnaires dont ils sont censés protéger les intérêts.»
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