L’arrivée de Free Mobile contraint SFR à faire des économies
Vivendi dévoile ce soir, après la fermeture de la Bourse de Paris, l’ampleur des dégâts provoquée chez SFR par l’arrivée mi-janvier de Free Mobile. Entre le 1er janvier et le 29 février, l’opérateur de téléphonie mobile avait déjà perdu, en net, 208.000 clients, soit 1% de sa base. En ajoutant le mois de mars, la perte pourrait atteindre 300.000 clients abonnés, estime Exane BNP Paribas. Orange, le numéro un du marché, a pour sa part perdu 615.000 clients au premier trimestre, dont 387.000 abonnés, le solde venant des offres prépayées. Bouygues annoncera ses chiffres demain soir. Au total, selon les prévisions des analystes, Free Mobile, dont les données officielles pourraient être dévoilées demain, aurait gagné 2,5 à 3 millions de clients en moins de trois mois. Mais environ la moitié auraient souscrit des offres gratuites ou à 2 euros par mois, souvent en plus de leur abonnement chez un autre opérateur.
Depuis quelques semaines, les concurrents de Free Mobile tentent de rassurer en affirmant que le pic de désabonnement est derrière eux. Pour autant, l’érosion du marché provoquée par l’arrivée du nouvel entrant est loin d’être contenue. Elle se poursuivra au fur et à mesure des baisses de tarifs appliquées à la base de clientèle. Les analystes de Credit Suisse s’attendent ainsi à un repli du chiffre d’affaires mobile de SFR jusqu’en 2014, avec une reprise de seulement 1% en 2015. Entre fin 2010 et fin 2014, l’opérateur pourrait ainsi perdre 1,7 milliard de chiffre d’affaires dans la téléphonie mobile, et 1 milliard d’excédent brut d’exploitation (Ebitda). Une dégradation majeure pour le groupe: l’activité mobile de SFR représente à elle seule 30% de l’Ebitda consolidé de Vivendi.
Dans ce contexte, la direction de SFR a rappelé vendredi aux représentants du personnel sa volonté de mettre en œuvre un «plan d’adaptation» de l’opérateur. Selon des chiffres rapportés par Bloomberg, et non commentés par le groupe, ce plan pourrait prévoir 450 millions d’euros d’économies annuelles, notamment via des suppressions de postes. Un chiffre cohérent, sachant que Bouygues Telecom a déjà prévu de réduire ses charges de 300 millions d’euros par an, sans suppression de postes. Selon Exane BNP Paribas, entre 2011 et 2014, SFR pourrait avoir à baisser de 900 millions d’euros sa structure de coûts pour faire face à 1,8 milliard de revenus en moins.
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