L’arrivée de Free Mobile a amputé de plus d’un milliard le chiffre d’affaires des opérateurs
Le solde débiteur continue de s’aggraver pour les opérateurs français de téléphonie mobile. S’ils sont parvenus à endiguer, voire à inverser, les flux migratoires de leurs clients vers le nouvel entrant Free Mobile, les baisses de tarifs appliquées sur leur base d’abonnés continuent de faire des ravages.
Rien qu’au troisième trimestre 2012, en cumulé d’une année sur l’autre, Orange France, SFR et Bouygues Telecom ont perdu 475 millions d’euros de chiffre d’affaires dans le mobile. Au total, en un an, période à partir de laquelle les opérateurs en place ont commencé à réellement ajuster leur offre commerciale à l’arrivée de Free Mobile mi-janvier, ce sont plus de 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires qui se sont envolés. Dans le même temps, Free Mobile a généré 558 millions d’euros de revenus. La différence, soit près de 500 millions d’euros, est donc schématiquement revenue aux consommateurs.
Cette baisse de chiffre d’affaires s’est immédiatement répercutée sur les résultats des opérateurs mobiles, dont le modèle économique est majoritairement constitué de coûts fixes. Au troisième trimestre, l’impact cumulé sur l’Ebitda de SFR et de Bouygues Telecom (Orange ne fournit pas de résultat opérationnel trimestriel par division) atteint 230 millions d’euros, dont 122 millions rien que pour Bouygues, le plus petit des trois opérateurs. Sur un an glissant, la perte d’Ebitda culmine à 464 millions d’euros, sans compter Orange.
Un trou qui se retrouve immédiatement dans les capacités d’autofinancement des opérateurs. Bouygues Télécoms qui devrait avoir investi 856 millions d’euros cette année, plus 683 millions pour l’acquisition des fréquences 4G, ne pourra pas couvrir seul ces dépenses avec son cash-flow. Les actionnaires de l’opérateur, Bouygues et le Groupe Decaux, devront ainsi recapitaliser la filiale.
Pour tenter de contrer cette érosion, les opérateurs ont répondu commercialement et lancé des plans d'économies pour réduire d’environ 10% leurs structures de coûts. Mais le rééquilibrage devrait prendre plusieurs trimestres encore. D’où les réflexions multiples entre tous les opérateurs pour tenter de trouver au plus vite une solution, jusqu'à envisager des rapprochements.
Plus d'articles du même thème
-
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge. -
Monaco sort de la liste grise du Gafi
La décision récompense un ensemble de mesures prises par la principauté depuis 2024, date de son inscription sur la liste des pays placés sous surveillance renforcée. -
La Banque du Japon maintient son taux directeur avant une prochaine hausse
La banque centrale du Japon fait une pause dans sa politique de normalisation mais confirme son changement de cap avec un discours plus restrictif. Le retour de l'inflation à sa cible de 2% est à la fois une victoire et un risque auquel la banque reste très attentive.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Contenu de nos partenaires
-
Mondes émergentsLe Brésil, notre partenaire stratégique
L’Europe dispose d’une opportunité qu’elle doit saisir. Les échanges entre l'Union et le Brésil ont atteint 100 milliards de dollars en 2025, presque à l'équilibre -
Tribune libreGrand âge contre jeunesse : le faux dilemme qui nous coûtera cher
Entre 2027 et 2032, la France comptera un million de personnes supplémentaires de plus de 75 ans ; plus de 800 000 Français entreront en Ehpad -
PAC : la France au combat pour éviter une baisse des aides européennes aux agriculteurs
L’exécutif se montre satisfait des négociations entre Etats membres mais espère limiter l’érosion des crédits alloués à la PAC dans le budget de l’Union.