L’appli de médias sociaux TaTaTu prépare sa surprenante entrée sur Euronext Growth
Un service de médias sociaux quasi-méconnu s’apprête à faire son entrée en Bourse, deux ans après sa création. L’application de médias sociaux et de divertissement TaTaTu a annoncé, lundi, son intention d'être cotée sur Euronext Growth Paris, à partir de ce mercredi.
La plateforme, lancée en 2020, récompense les utilisateurs pour chaque interaction (like, commentaire, partage de contenu) qu’ils effectuent sur les réseaux sociaux, tels Instagram et Snap, via la plateforme TaTaTu.
Avec une particularité : ils sont rétribués avec des TTU Coins. Ils pourront ensuite utiliser ces TTU Coins via l’e-commerce : « nous avons un magasin en ligne qui compte 3.000 produits référencés, et un marchand affilié, Mercato Metropolitano », a précisé lundi Andrea Iervolino, le fondateur et PDG de TaTaTu, lors d’une conférence de presse en vidéo. La start-up, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 47,4 millions d’euros en 2021, est aujourd’hui rentable, affirme son fondateur.
Andrea Iervolino, à l’origine du projet, est déjà connu en Italie comme entrepreneur et producteur de cinéma. Sa société de production, Iervolino and Lady Bacardi Entertainment, est cotée en Italie depuis 2019.
Cotation directe
TaTaTu va être cotée sur Euronext Growth Paris à partir de ce mercredi, via une cotation directe. A ce titre, un placement privé a été réalisé avant la cotation. « C’est un mode de cotation adapté à ce profil d’entreprise, et dans un contexte où le marché des IPO est plutôt fermé », indique à L’Agefi Alexandre Dietrich, directeur Equity capital markets France chez BNP Paribas, la banque conseil sur l’opération.
« La cotation sur Euronext Growth Paris contribuera à accroître la visibilité de TaTaTu dans le monde et améliorera notre accès aux marchés de capitaux », a déclaré le fondateur. Il ne précise pas le montant qu’il souhaite lever. Mais cette entrée en Bourse est « davantage un outil de visibilité qu’une voie d’accès aux capitaux », précise Alexandre Dietrich.
Le cours de référence des actions sera de 2 euros, « égal au prix de souscription d’un placement privé réalisé préalablement à l’introduction en Bourse », indique TaTaTu dans son communiqué. La société dit aussi viser une capitalisation boursière « d’environ 1,6 milliard d’euros à la date de cotation ». Comment parvient-il à ce prix ? Selon le document d’introduction, une telle estimation se justifie par l’entrée au capital de TaTaTu de fonds institutionnels ces derniers mois. Avant la cotation, un placement privé en deux tranches a été réalisé, selon le document d’information validé par Euronext : une première tranche d’environ 653.748 euros a été apportée par les actionnaires Lumana Investments « pour la délivrance de 326,874 nouvelles actions », et une seconde tranche par Crédit des Alpes et AIS PPC, investisseurs qualifiés, « pour un montant total de 4 millions d’euros et la délivrance de 2 millions de nouvelles actions ».
Plus d'articles du même thème
-
Le Nasdaq mise 100 millions de dollars sur Payward, la maison mère de Kraken
Cet investissement renforce le partenariat entre l'opérateur boursier américain et l'infrastructure crypto. Le Nasdaq veut créer ses propres actions tokenisées, dans un nouveau cadre réglementaire. -
Mata Capital met la main sur Theoreim
La société de gestion immobilière fondée par Jean-Baptiste Pracca augmenterait ses actifs sous gestion de plus de 600 millions d'euros. -
Le marché de la réassurance cherche la bonne formule face aux enjeux liés à l’IA
Les réassureurs mondiaux oscillent entre excitation et appréhension face aux nombreux défis que représente l’IA, tant en termes de potentiel de marché que d’agent de transformation pour leurs modèles économiques. Aux derniers Rendez-vous de Septembre, le sujet était sur toutes les lèvres.
ETF à la Une
Amundi dévoile un ETF conçu pour Zenkyoren
- Le potentiel de progression des marchés actions se réduit à peau de chagrin
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- La Banque Delubac, toujours en pertes, cherche du capital
Contenu de nos partenaires
-
Garde-fouCyber Resilience Act : l'Europe impose de nouvelles règles de sécurité numérique
Bruxelles impose dès ce jeudi aux industriels du numérique de signaler en urgence leurs failles de sécurité, mais les entreprises accusent un net retard d'adaptation -
RechuteRacisme, « brebis galeuse » et contre-feu : à Carcassonne, le RN face au spectre de la rediabolisation
Après les révélations de Midi Libre concernant un policier et militant RN, les cadres ont dégainé leur défense habituelle. Mais cette mécanique de contre-feu peine à convaincre, alors que les interrogations sur la gestion de l’affaire par le maire Christophe Barthès viennent fragiliser le récit de la « brebis galeuse » -
EditoUniversités : le prix caché de la fausse gratuité
Un rapport sénatorial s'attaque aux frais d'inscription à l'université et à l'absence de sélection des étudiants. De quoi alimenter un débat nécessaire en vue de la présidentielle