L’appétit des émergents s’aiguise dans les biens de grande consommation
Si les pays émergents constituent les débouchés les plus prometteurs pour les 50 premiers fabricants mondiaux de biens de grande consommation, la concurrence sur ces marchés est de plus en plus âpre, montre la 11e édition de l’étude du cabinet OC&C Strategy Consultants.
Malgré un net ralentissement l’an dernier de la croissance de leur chiffre d’affaires réalisé en Europe (+1,3% après +5,7% en 2011), ces groupes ont enregistré une progression globale de 5,6% de leur activité, contre une hausse de 7,3% l’année précédente. Cette expansion est portée par une croissance organique de 4,9% qui repose «pour près d’un tiers sur la progression des volumes, le reste provenant des effets prix et de l’évolution du mix de produits».
En Asie et en Afrique, la progression des ventes (+11,7%) similaire à celle de 2012 démontre que les zones émergentes constitueront les principaux relais de croissance des multinationales du secteur. Mais les géants émergents commencent à s’étendre en dehors de leur sphère historique d’influence. Quatre acteurs sud-américains (le mexicain Grupo Bimbo, les brésiliens JBS, Marfig et Brasil Foods) figurent ainsi dans les six premières places du classement pour la croissance de leurs ventes en 2012. La part de marché des leaders mondiaux dans les Bric reste stable, en moyenne à 28%, mais seulement à 17% en Chine.
Les «tigres locaux» issus des économies émergentes ont vu leur chiffre d’affaires progresser de 14,8% dans les Bric, contre 14,4% pour l’ensemble de l’échantillon, la différence (+14,3% contre +12,6%) étant encore plus nette en termes de croissance organique dans ces pays. Ils semblent mieux positionnés pour consolider les entreprises du secteur, «en raison de leur meilleure compréhension du marché et des rouages administratifs, mais aussi d’un actionnariat permettant souvent une approche à plus long terme», précise l’étude.
Sans retrouver les niveaux de 2005-2008, les acquisitions effectuées par ces 50 «champions» ont augmenté de 19% d’un an sur l’autre à 43 milliards de dollars pour un nombre d’opérations identique (31). Les trois plus importantes acquisitions de 2012 (Nestlé sur Pfizer Nutrition, Heineken sur APB et ConAgra sur Ralcorp) constituent 60% du montant total.
En excluant la scission des activités américaines de Kraft Foods, le montant des cessions est passé de 3 milliards en 2011 à 14 milliards, 9 des 18 opérations relevant du secteur alimentaire et des boissons.
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