L’AMF veille au respect de l’information en période d’OPA
La prudence est la mère de toutes vertus. Ce que d’aucuns semblent avoir oublié dans le dossier Club Med. En effet, alors que l’offre de Gaillon Invest (réunissant Axa Private Equity, le chinois Fosun et le management du Club) sur le Club Med à 17,50 euros par action a été prolongée sine die dans l’attente que la justice se prononce sur les recours formés par le fonds Charity Investment AM et l’Adam, l’avocat du Club Méditerranée, Jean-Pierre Martel, a commenté cette opération, à sa demande, sur le site internet d’Investir.
Selon lui, en raison des «forts investissements» prévus, «pendant deux à quatre ans, les résultats ne seront pas flambants, et il n’y aura pas de dividendes». De plus, en cas d’échec de l’offre, le cours «pourrait alors tomber vers 13 à 14 euros».
Des propos qui n’ont pas échappé à Colette Neuville, la présidente de l’Adam. Une nouvelle fois, elle a pris la plume pour demander au gendarme boursier de faire respecter sa réglementation. En effet, les communications des personnes concernées par l’offre, leurs dirigeants et leurs conseils doivent «être cohérentes avec les informations contenues dans les communiqués, la note d’information ou la note en réponse» (article 231-26 4° du règlement général de l’AMF) et «tout élément complémentaire […] doit être porté à la connaissance du public sous forme de communiqué» (article 213-37).
Or, la note en réponse du Club stipule que «le financement de l’initiateur et de sa holding pourra [...] conduire la société à effectuer des distributions de dividendes. L’initiateur a négocié le principe d’un emprunt […] d’un montant de 160 millions d’euros qui permettrait de financer des distributions exceptionnelles», même s’il n’est pas dans son intention que «la société recoure à cette ligne dans les douze prochains mois». L’intention est donc claire de verser des dividendes. Dans le cas d’un échec de l’offre, l’annonce d’une suppression de dividendes constitue une «information capitale, de nature à peser la décision des actionnaires», explique Colette Neuville.
Pour une fois, la présidente de l’Adam semble avoir réussi à convaincre l’AMF, puisque Jean-Pierre Martel, s’est fendu d’une lettre au PDG du Club Med, publiée sur le site, pour se justifier et expliquer que ses propos «avaient un caractère tout à fait personnel». Un vrai camouflet qui devrait servir de leçon à tout le barreau.
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