Goldman Sachs, également actionnaire de la holding de tête, a effectué deux allers-retours au-dessus des 5%. Un mouvement qui étonne les minoritaires
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Olivier Pinaud
Guy-Wyser Pratte n’a pas refermé le dossier Solocal Group (ex-PagesJaunes). L’activiste américain et ses alliés dans la lutte contre le fonds Cerberus, devenu premier actionnaire du groupe de médias à la faveur de la restructuration de la dette de sa holding de tête Mediannuaire, s’étonnent des mouvements survenus au capital durant l’été. A deux reprises durant le mois d’août, Goldman Sachs a franchi à la hausse le seuil des 5% du capital, avant de repasser juste en dessous quelques jours plus tard. Une partie de la position est détenue via des CFD (contract for difference), instruments dérivés à règlement en espèces. Credit Suisse est également passé au-dessus puis en dessous des 5% durant le mois d’août. La société ne commente pas ces mouvements.
Ces allers-retours étonnent le camp des opposants. Goldman Sachs ainsi que les autres parties prenantes du pacte d’actionnaires conclu en avril lors de la restructuration de la holding s’étaient en effet formellement engagés à n’acquérir aucune action Solocal ni instrument dérivé pendant une période de douze mois à compter du 27 mars. Les opposants prévoient d’alerter l’Autorité des marchés financiers pour tenter d’éclaircir ces mouvements au capital. Ils s’étaient déjà étonnés au printemps de voir Goldman Sachs parmi les actionnaires nominatifs de Solocal mais l’AMF avait rappelé qu’il ne s’agissait pas de la même entité juridique que celles présentes au capital de la holding de tête du groupe, à savoir Goldman Sachs Capital Partners et Goldman Sachs Mezzanine Partners.
Ces mouvements interviennent alors que le capital de Solocal risque d’être de nouveau chahuté dans les prochains jours. Le 30 septembre prochain, les anciens créanciers de la holding Mediannuaire pourront vendre une partie des actions qu’ils avaient reçues en échange de leur dette. Ce «lock-up» porte sur environ 14,5% du capital du groupe de médias. L’afflux potentiel de titres risque donc de peser un peu plus sur le cours de Bourse, déjà en baisse de 14% depuis le mois de mars.
Les opposants craignent que Cerberus profite de la faiblesse du cours de Bourse et de la situation financière de la société pour déclencher une augmentation de capital de Solocal et se renforcer ainsi à bon prix. Le fonds ne peut en effet acheter des actions que dans le cadre d’une augmentation de capital destinée à répondre à une situation de difficulté financière sévère.
Les banques européennes n’ont pas forcément beaucoup resserré leurs conditions de crédit, les prêts au secteur privé ayant continué à progresser à un bon rythme en avril. En revanche, les agrégats monétaires comme M3 ont vu leur rythme de croissance fortement ralenti pour des raisons techniques comme les transferts des dépôts vers de l’épargne longue.
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