First Trust lance un ETF sur les valeurs minières de métaux précieux

Le fonds table sur un environnement où les banques centrales continuent d’acheter de l’or à un rythme soutenu, tandis que le marché de l’argent s’enfonce dans son sixième déficit annuel consécutif.
Lingot d'or
Des lingots d'or.  -  Fotolia

First Trust Advisors a annoncé le lancement du First Trust Indxx Quality Precious Metals Miners ETF (NYSE Arca : PMTL), un nouveau fonds qui réplique la performance des sociétés dont l’activité principale consiste en l’extraction, la production et le raffinage de métaux précieux.

Ce lancement intervient alors que les valeurs minières aurifères et argentifères se trouvent à la croisée de plusieurs dynamiques de marché rarement réunies simultanément.

La politique monétaire des grandes banques centrales qui est de plus en plus souple pour soutenir les financements publics, une demande industrielle en forte expansion, des contraintes structurelles d’approvisionnement, et un climat d’incertitude géopolitique qui pousse les États à reconstituer leurs réserves d’or.

Une méthodologie fondée sur la qualité et la spécialisation

Pour être éligibles à l’indice sous-jacent, les titres doivent satisfaire des critères de taille, de liquidité, de prix, de type et d’ancienneté, avant d'être classés en trois catégories selon la part de leur chiffre d’affaires tirée de l’extraction de métaux précieux : les entreprises spécialisées (au moins 50 % de leurs revenus), les quasi-spécialisées (entre 20 % et 50 %) et les marginales (moins de 20 %).

Les 75 premières entreprises spécialisées sont retenues sur la base d’une pondération égale entre capitalisation boursière et score de qualité composite, ce dernier intégrant la rentabilité des capitaux propres, le ratio d’endettement et, pour les producteurs d’or et d’argent, les coûts de production totaux.

Le poids cumulé des sociétés quasi-spécialisées et marginales est plafonné à 20 % de l’indice, et chaque titre individuel à 6 %, avec une reconstitution et un rééquilibrage semestriel.

L’or, valeur refuge redevenue premier actif de réserve mondial

L’argument central de ce lancement tient à la position singulière qu’occupent les métaux précieux dans l’environnement macroéconomique actuel.

Du côté de l’or, la demande des banques centrales reste structurellement élevée : selon le World Gold Council, les achats nets du secteur officiel ont atteint 863 tonnes en 2025, un niveau certes en repli par rapport aux plus de 1 000 tonnes enregistrées chaque année entre 2022 et 2024, mais qui demeure très supérieur à la moyenne annuelle de 400 à 500 tonnes observée avant 2022.

Le World Gold Council Conseil prévoit environ 850 tonnes d’achats officiels pour 2026, et son enquête annuelle auprès des banques centrales, publiée en 2025, a montré que 95 % des répondants s’attendaient à une hausse des réserves d’or officielles mondiales dans les douze mois à venir, un record depuis la création de cette enquête.

Conséquence de ce mouvement, l’or a dépassé les bons du Trésor américain fin 2025 pour devenir le premier actif de réserve mondial en valeur.

La Pologne s’est imposée comme le principal acheteur pour la deuxième année consécutive, avec 102 tonnes ajoutées en 2025, et vise désormais 700 tonnes de réserves totales, tandis que de nouveaux entrants comme l’Ouzbékistan, le Kazakhstan ou l’Indonésie élargissent la base des acheteurs souverains.

Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large de diversification des réserves face aux incertitudes géopolitiques et aux tensions autour du statut du dollar comme monnaie de réserve.

L’argent, entre demande industrielle et rareté de l’offre

Du côté de l’argent, la thèse repose sur un déficit de marché désormais chronique. Selon le World Silver Survey 2026, publié par le Silver Institute, le marché mondial de l’argent se dirige vers un sixième déficit annuel consécutif.

La demande industrielle, qui représente à elle seule près de 60 % de la consommation totale d’argent, continuant de croître au rythme du déploiement du photovoltaïque, des véhicules électriques, des centres de données et des infrastructures de réseau électrique, quand bien même les fabricants de panneaux solaires réduisent la quantité d’argent utilisée par cellule.

Le Silver Institute souligne que la mise en production de nouvelles capacités minières nécessite généralement cinq à dix ans, ce qui limite structurellement la capacité de l’offre à combler ce déficit à court terme.

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