Defiance lance le premier ETF dédié aux fonderies de semi-conducteurs
Defiance ETFs a lancé le Defiance Global Foundries ETF, présenté comme le premier fonds coté américain entièrement consacré aux fonderies de semi-conducteurs.
Il est coté sur le Nasdaq sous le ticker AIFR, et il affiche un ratio de frais de 0,71%. Il réplique l’indice MarketVector Global Foundries.
La quasi-totalité des puces avancées qui alimentent l’intelligence artificielle, accélérateurs, circuits intégrés personnalisés (ASIC), puces réseau ou composants de gestion de l'énergie, ne sont pas fabriquées par les entreprises qui les conçoivent.
Nvidia, AMD, Broadcom ou Qualcomm sont des acteurs qu’on dit «fabless». Ils sous-traitent leur production à une poignée de fondeurs purs, un modèle dans lequel le pouvoir de négociation s’est structurellement déplacé vers l’amont industriel.
Ainsi, AIFR cible les propriétaires des capacités de production elles-mêmes, un segment que Defiance qualifie de véritable « point névralgique » de la chaîne d’approvisionnement de l’intelligence artificielle.
Un marché ultra-concentré
Selon Counterpoint Research, TSMC a capté 73 % du marché mondial de la fonderie pure au deuxième trimestre 2026, un niveau maintenu pour le deuxième trimestre consécutif, porté par la montée en cadence de la production de masse en 2 nanomètres, l’accélération du nœud 3 nm et une offre tendue tant sur les nœuds matures que sur le packaging avancé.
Derrière le leader taïwanais, la hiérarchie du secteur s’est resserrée mais reste très hétérogène. Samsung Foundry conserve la deuxième place, avec une part de marché de l’ordre de 5,9 % à 7 %. Le coréen concentre ses efforts sur l’amélioration des rendements de son nœud SF2, tout en tirant une partie de sa croissance de la demande sur les gammes SF4/SF5.
SMIC, le premier fondeur chinois, progresse le plus rapidement parmi les cinq premiers. Sa part de marché est passée d’environ 5,1 % au premier trimestre à près de 5,4 %-5,9 % au deuxième trimestre 2026, porté par une forte demande domestique et des commandes export en report de capacité.
Ensuite, UMC (Taïwan) occupe la quatrième place, avec une part de marché autour de 3,9 %-4 %, soutenu par les reconstitutions de stocks dans les chaînes TV et PC/notebook.
Enfin, GlobalFoundries (Etats-Unis), cinquième fondeur mondial avec environ 3,3 % de part de marché reste le principal acteur occidental hors TSMC-Arizona.
Au global, le chiffre d’affaires cumulé des dix premiers fondeurs mondiaux a atteint près de 53,5 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026, en hausse de plus de 11 % sur un trimestre, après un premier trimestre déjà record à environ 48 milliards de dollars.
Le pouvoir de fixation des prix bascule vers l’amont
Avec des taux d’utilisation élevés sur l’ensemble des nœuds, des plus avancés aux plus matures, les fondeurs ont entamé au premier semestre 2026 une série de relèvements tarifaires.
En effet, toujours selon CounterPoint, TSMC a ouvert le bal dès janvier en notifiant à ses clients des hausses de 5 % à 10 % sur l’ensemble des nœuds inférieurs à 5 nm, certains services devant même progresser d’environ 25 % en 2027. Sur le seul deuxième trimestre 2026, son prix de vente moyen par plaquette a déjà bondi de près de 8 % pour atteindre environ 9 271 dollars.
Samsung Foundry profite de cette réservation quasi intégrale des capacités de pointe de TSMC par les commandes liées à l’IA pour remonter ses propres tarifs.
Les prix de ses plaquettes gravées en 5 nm (procédé SF5) ont progressé de 10 % à 15 %, et ceux de son nœud plus ancien en 8 nm de près de 10 % cette année. Samsung mise sur une clientèle IA/HPC en expansion, plus de 30 % de ses revenus de fonderie attendus en 2026, contre 15 % à 20 % fin 2025, portée notamment par un contrat de 16,5 milliards de dollars avec Tesla et un accord de fabrication avec Apple.
Ce contexte se traduit par une envolée sans précédent des investissements. TSMC a relevé son enveloppe de dépenses d’investissement 2026 à une fourchette de 60 à 64 milliards de dollars, contre 52 à 56 milliards de dollars annoncés en début d’année, un montant bien supérieur au consensus de marché.
L’essentiel de ces sommes est fléché vers les capacités de gravure en 2 nm et l’assemblage avancé (CoWoS), aujourd’hui considéré comme le véritable goulot d'étranglement de la chaîne d’approvisionnement de l’IA.
Le groupe a en parallèle porté son engagement d’investissement aux Etats-Unis à 265 milliards de dollars, avec un possible doublement du nombre de sites en Arizona.
Une méthodologie rigoureuse
Pour ses composants, l’indice MarketVector Global Foundries impose qu’une entreprise réalise au moins 50 % de son chiffre d’affaires dans des activités liées à la fonderie de semi-conducteurs, ou qu’elle en tire au minimum 2 milliards de dollars de revenus annuels.
L’indice cible dix valeurs pondérées par capitalisation boursière flottante, avec un plafond de 20 % par ligne à chaque rééquilibrage et une reconstitution trimestrielle assortie de règles pour intégrer rapidement les introductions en Bourse et scissions éligibles.
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