Tema lance le premier ETF dédié aux marchés de prédiction
Tema ETFs a lancé le Tema Trading & Prediction Markets ETF, sous le ticker DICE.
Il s’agit du premier ETF « pure-play » à cibler la montée en puissance des plateformes de prédiction qui permettent de parier sur l’issue d'événements politiques, sportifs, économiques ou culturels sous forme de contrats négociables.
Le ratio de frais du fonds s'établit à 0,75 %.
Une exposition indirecte
Le fonds ne prend pas position sur les contrats de prédiction eux-mêmes.
Il investit dans les sociétés qui bâtissent cette infrastructure de marché, mais aussi des plateformes de trading, fournisseurs de données et acteurs financiers connexes.
Son originalité tient à l’inclusion, via des véhicules ad hoc (SPV), de participations pré-IPO dans Kalshi et Polymarket, les deux plateformes dominantes du secteur, qui figurent parmi les premières lignes du portefeuille.
Le fonds loge également des positions sur Robinhood, Coinbase et Circle Internet Group, considérés comme faisant partie d’un écosystème plus large qui irrigue l’innovation dans le trading et les marchés de prédiction, notamment sur le segment des contrats à terme perpétuels.
Le calendrier du lancement coïncide avec le coup d’envoi de la saison régulière de la NFL et la montée en puissance de la campagne pour les élections de mi-mandat américaines, deux catalyseurs identifiés par Tema comme susceptibles de doper la visibilité et l’usage des plateformes de prédiction.
Steve Munroe, président de Tema ETFs, a repris à son compte une estimation de Bernstein Research selon laquelle les volumes échangés sur les marchés de prédiction pourraient être multipliés par près de 20 d’ici 2030, pour atteindre environ 1.000 milliards de dollars.
Kalshi et Polymarket, deux mastodontes
Le pari de Tema s’appuie sur une dynamique de financement spectaculaire.
Kalshi, plateforme régulée par la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), a vu sa valorisation passer d’environ 11 milliards de dollars en janvier à 22 milliards en mai lors d’un tour de table de 1 milliard de dollars mené par Coatue Management, avant d’engager, dès juin, des discussions pour une nouvelle levée qui la vaudrait cette fois près de 40 milliards de dollars, avec Sequoia Capital et Wellington Management en tête de file.
Son chiffre d’affaires annualisé aurait dépassé les 2 milliards de dollars au printemps, porté à plus de 80 % par les contrats sportifs, avant d’atteindre 4 milliards selon des estimations plus récentes.
Polymarket, bâtie sur des rails crypto et longtemps inaccessible aux particuliers américains, a pour sa part été rejointe en octobre 2025 par Intercontinental Exchange (ICE), maison mère du New York Stock Exchange, qui s’est engagée jusqu'à 2 milliards de dollars d’investissement, valorisant la plateforme autour de 9 milliards de dollars.
L’acquisition par Polymarket de QCEX, une bourse de dérivés agréée par la CFTC, doit lui permettre de rouvrir légalement ses portes aux traders particuliers américains, sur le même type de statut réglementaire que celui dont bénéficie Kalshi depuis l’origine.
En termes de volumes, Kalshi conserve une avance nette. La plateforme aurait traité environ 31,5 milliards de dollars en juin, contre 10,8 milliards pour Polymarket.
Les deux rivales, qui se disputeraient à elles seules plus de 97 % du marché, ont par ailleurs conjointement soutenu un fonds de capital-risque de 35 millions de dollars dédié aux jeunes pousses du secteur.
Un environnement réglementaire encore mouvant
Le développement du secteur reste toutefois suspendu à des arbitrages réglementaires non stabilisés. Le prospectus insiste beaucoup sur le risque réglementaire lié aux marchés prédictifs : statut juridique incertain des contrats d'événements aux États-Unis (CFTC), poursuites de plusieurs États assimilant ces marchés à des jeux d’argent illégaux, volatilité et manque de liquidité des sociétés du secteur, et risque de délit d’initié sur ces plateformes.
La CFTC a affirmé en février sa compétence exclusive sur les contrats d'événements face à plusieurs États cherchant à les interdire, mais elle mène parallèlement un réexamen des « mention markets » (contrats indexés sur l’occurrence de certains mots ou faits).
Kalshi a par ailleurs engagé une action en justice contre l’Illinois après l’adoption d’une loi restrictive par le gouverneur J.B. Pritzker, illustrant les tensions persistantes entre régulateurs fédéraux et étatiques.
Selon Benzinga, DICE lui-même s’abstient d’investir directement dans les contrats de prédiction, précisément parce que ce segment demeure sous l’examen de la Securities and Exchange Commission (SEC).
Cette incertitude n’a pas empêché Kalshi d’engager des discussions préliminaires avec des banques d’investissement en vue d’une introduction en Bourse, que son directeur général Tarek Mansour a toutefois écartée avant 2027.
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