VanEck mise sur le sentiment des analystes en marchés émergents
VanEck a annoncé le lancement du VanEck MSCI EM Analyst Sentiment ETF (Nasdaq : VEEM), un nouveau véhicule coté sur le Nasdaq, qui vise à capter de façon systématique les révisions d’opinions des analystes sell-side sur les actions des marchés émergents.
Les frais sont de 0,30 %. Ce produit vient compléter le VanEck MSCI EAFE Analyst Sentiment ETF (VEFA), lancé plus tôt cette année et qui vise les marchés développés hors Amérique du Nord.
L’indice sous-jacent, le MSCI EM Analyst Sentiment Select Index, repose sur le fait que plutôt de s’appuyer sur des données historiques comme le font la plupart des approches factorielles classiques (value, croissance, momentum), il cherche à repérer en amont les entreprises dont les perspectives s’améliorent, à travers l'évolution des révisions d’analystes.
Le sentiment des analystes reflète comment les opinions des analystes professionnels du côté vendeur évoluent au fil du temps. Lorsque les analystes relèvent leurs estimations de bénéfices, leurs objectifs de prix ou leurs notes sur une action, cela reflète un changement dans leur vision des perspectives futures de l’entreprise. C’est aussi le contraire : la baisse des estimations et les dégradations signalent une détérioration des attentes.
Alors, l’objectif est de capter l’inflexion avant qu’elle ne se reflète pleinement dans les cours ou dans les résultats publiés.
Selon VanEck, lorsque les analystes professionnels du côté sell-side revoient leurs opinions en rehaussant les estimations de bénéfices, en relevant les objectifs de prix ou en rehaussant les notations, les actions ayant le plus de momentum de révision ont historiquement généré des rendements significativement plus forts que celles situées en bas du spectre du sentiment.
Cette relation entre le sentiment des analystes et la performance qui en a suivi est restée constante sur les marchés développés et a persisté à travers des environnements de marché variés.
Contexte de marché porteur pour les émergents
Le lancement intervient alors que la classe d’actifs émergente suscite un regain d’intérêt. En effet, les marchés émergents affichent des perspectives de croissance bénéficiaire plus élevées que leurs homologues développés, tout en se traitant avec une décote de valorisation significative.
Un dollar plus faible constitue par ailleurs un vent porteur additionnel pour la zone. Pour VanEck, la difficulté n’est donc pas de trouver la tendance, mais d’identifier les entreprises les mieux positionnées pour profiter de cette dynamique, ce à quoi le facteur sentiment des analystes entend répondre.
Le signal de sentiment agrège cinq catégories : le bénéfice par action, les ventes, les flux de trésorerie, les objectifs de cours et les recommandations d’achat ou de vente.
Chaque titre est noté à partir d’indicateurs standardisés issus de ces révisions. Un processus d’optimisation sélectionne ensuite une centaine de valeurs, sous contrainte de limites sectorielles, géographiques et de poids par titre, avec un objectif d’erreur de suivi ex ante limitée à 4 % par rapport à l’indice MSCI Emerging Markets. Le rééquilibrage a lieu trimestriellement, calé sur le calendrier standard de révision de MSCI.
Quatre propriétés qui distinguent le facteur sentiment des analystes
VanEck justifie ce choix de facteur par quatre arguments, qui s’articulent entre eux.
Le premier tient à la nature même du signal. Contrairement aux facteurs classiques, value, croissance, momentum, qui s’appuient tous sur des données passées, le sentiment des analystes regarde vers l’avant. Une révision à la hausse des attentes de bénéfices ou d’objectif de cours trahit un changement de perception avant même qu’il ne se traduise dans les résultats publiés ou dans le cours de l’action. L’ambition est donc d’acheter l’amélioration avant qu’elle ne soit pleinement intégrée par le marché.
Cette avance dans le temps expliquerait à son tour pourquoi le signal se distingue des approches existantes. Une action qui a beaucoup monté tend, avec le recul, à corriger, un filtre purement fondamental, lui, ne détecte les difficultés ou les redressements d’une entreprise qu’avec retard. Le sentiment des analystes, en captant le changement d’opinion au moment où il se forme, générerait ainsi une surperformance plus durable que ces deux approches, moins sujette aux retournements de l’une et aux décalages de l’autre.
Cette robustesse se vérifierait également dans la durée. Là où de nombreux facteurs ne surperforment que dans certaines configurations de marché, la value en période de hausse des taux, par exemple, VanEck affirme que le sentiment des analystes a continué de délivrer sa prime aussi bien pendant les phases de resserrement monétaire que lors des ralentissements économiques ou des épisodes de forte volatilité.
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