L’agitation à la tête de Vivendi a eu un effet positif sur sa décote
Plan de réduction des coûts chez SFR, cessions d’actifs voire scission entre filiales télécoms et médias, entrée imminente de Vincent Bolloré au conseil de surveillance, promotion de Bertrand Méheut à la présidence du directoire… Nommée fin avril à la suite du départ de Jean-Bernard Lévy, la nouvelle direction de Vivendi, emmenée par Jean-François Dubos, ne manquera pas de sujets demain lors de la présentation des résultats semestriels.
Pourtant les questions resteront en grande partie sans réponse, notamment celles sur l’évolution du périmètre du groupe. Chargé officiellement début août d’une «mission de réflexion pour le développement des médias et des contenus», Bertrand Méheut, le président du directoire de Canal+, n’a pas achevé ses travaux en quelques semaines.
En revanche, l’ampleur du plan de réductions des coûts chez SFR devrait être précisée alors que le chiffre de 450 à 500 millions d’euros par an évoqué début juillet n’a pas été confirmé par la direction. Compte tenu de la montée de la concurrence dans la téléphonie mobile en France, Vivendi s’attend à une baisse de 12% à 15% de l’excédent brut d’exploitation de SFR cette année. Ces difficultés pourraient contraindre Vivendi à déprécier d’ici à la fin de l’année la valeur de son actif français dans les télécoms.
Selon les analystes d’Oddo, la valeur comptable de SFR est d’environ 18 milliards d’euros pour une valorisation actuelle plus proche de 13 milliards. Une décision qui n’aurait pas d’impact sur la trésorerie du groupe mais qui pèserait inévitablement sur les fonds propres et sur la perception des agences de notation déjà prêtes à réduire leur opinion sur une dette qui devrait culminer à 14 milliards d’euros fin 2012 après le rachat d’EMI.
La situation financière de Vivendi reste compliquée contrairement à ce que laisse penser l’évolution récente du cours de Bourse. Les changements à la tête du groupe en juin, la création d’une «mission de réflexion», et la succession de rumeurs sur des cessions d’actifs (Activision, GVT) ont redonné un coup de fouet à l’action.
Depuis les plus bas de la mi-avril, le titre a regagné 28%, 16 points de plus que l’indice Stoxx Media et que le CAC 40. La mobilisation à la tête du groupe avait par exemple incité mi-juillet les analystes d’Exane BNP Paribas à retirer de leur modèle de valorisation la décote de 15% qu’ils appliquaient pour tenir compte de la structure de holding du groupe.
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