Lagardère se prépare à sortir avantageusement du capital d’EADS
Lagardère se prépare à tourner la page EADS. Le groupe de médias a indiqué hier qu’il devrait avoir vendu la totalité de sa participation de 7,4% au capital du constructeur d’avions avant le 31 juillet prochain. L’accord de gouvernance conclu entre la France et l’Allemagne en décembre 2012 a offert à Lagardère une confortable porte de sortie. Il prévoit qu’EADS réserve au groupe de médias une partie de son futur programme de rachat et d’annulation d’actions. Lagardère pourrait ainsi vendre 5,5% d’EADS directement au groupe d’aéronautique, sans subir de risque de marché. Le solde de ses actions serait vendu en Bourse.
Ces conditions avantageuses, dont n’a pas bénéficié Daimler, l’autre actionnaire privé d’EADS, ont été récemment critiquées par le député Jean-Luc Moudenc. Le groupe d’aéronautique répond que les conditions financières du programme de rachat d’actions, donc de la participation de Lagardère, ne seront arrêtées qu’au moment de l’assemblée générale du 27 mars. Par ailleurs, si celles-ci ne sont pas jugées satisfaisantes par Lagardère, le groupe garde la possibilité de placer plus d’actions directement sur le marché. Lagardère a toutefois indiqué hier que «l’opération se déroulera probablement majoritairement via le programme de rachat d’actions.» Arnaud Lagardère, gérant commandité du groupe de médias, quittera la présidence du conseil d’administration d’EADS lors de cette AG.
Quelle que soit la porte de sortie, Lagardère est assuré de réaliser une excellente opération. Au cours d’hier, sa participation dans EADS vaut 2,45 milliards d’euros. Elle représente à elle seule 68% de la capitalisation boursière de Lagardère. La valeur comptable de la participation, construite sur les fondations de Matra, est estimée à 185 millions d’euros. Le produit de la cession sera consacré à une redistribution exceptionnelle aux actionnaires et au désendettement, a rappelé Lagardère.
Cette opération devrait toutefois faire perdre au groupe de médias son principal moteur de croissance en Bourse. La hausse de 16% du cours depuis début décembre 2012 est corrélée au parcours d’EADS (+40% dans le même temps). Les activités médias risquent d’avoir du mal à prendre le relais. Le bénéfice opérationnel des activités médias de Lagardère a plié de 13% en 2012, après une promesse de stabilité en début d’exercice. Il devrait au mieux rebondir de 5% en 2013.
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