Lagardère pourra bientôt distribuer ses participations sous forme de dividendes
Jusqu’à présent, Lagardère pouvait distribuer ses dividendes en numéraire ou en actions. Le groupe pourra bientôt les payer en nature. Une résolution sera en effet présentée en ce sens lors de l’assemblée générale du 10 mai en vue de modifier l’article 25 des statuts de Lagadère qui détermine le mode de distribution des dividendes. Interrogée par L’Agefi, la direction du groupe de communication explique qu’il s’agit de «doter l’entreprise d’une flexibilité en cas de distribution exceptionnelle de dividende, afin de ne pas être limitée à la distribution d’un dividende en cash».
La flexibilité sera telle qu’avec ce dispositif, Lagardère pourrait tout à fait distribuer à ses actionnaires ses participations minoritaires disponibles à la vente. Il s’agit des 7,5% détenus au capital d’EADS, des 20% dans Canal+ France, de la part résiduelle dans Deutsche Telekom (0,07%) et enfin des 12,21% au capital de Viel & Cie. A charge alors pour les actionnaires qui recevraient ses titres de les conserver ou de les vendre. «Cette résolution n’est en rien l’annonce d’une telle distribution. Elle n’a d’autre objet que de donner au groupe davantage de flexibilité», assure la direction de Lagardère.
Compte tenu du caractère politique du dossier, une cession du bloc dans EADS par ce moyen semble peu probable. Celle des derniers titres dans Deutsche Telekom pourrait facilement être écoulée sur le marché. En revanche, la distribution via un dividende serait un bon moyen de céder les parts dans Viel & Cie et surtout dans Canal+ France. Lagardère est officiellement vendeur de son bloc dans le groupe de télévision. Mais le processus d’introduction en Bourse qui devait lui permettre de céder ces 20% a été mis en sommeil en raison de la volatilité provoquée sur les marchés par la catastrophe au Japon. Le vote de cette résolution pourrait également constituer un élément de négociation supplémentaire vis-à-vis de Vivendi qui détient les 80% restants mais qui ne souhaite pas payer le prix demandé par Lagardère pour racheter le bloc de 20%.
Cette opération de scission via la distribution de dividende n’est pas exceptionnelle. C‘est justement la voie choisie par la SSII Sopra pour coter en Bourse sa filiale de logiciels Axway.
Plus d'articles du même thème
-
KNDS reporte son introduction en Bourse
Le fabricant d’armes franco-allemand met en pause son projet de cotation à Paris et Francfort en raison des conditions de marché. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français