L’affaire KPMG relance les débats aux Etats-Unis sur la régulation de l’audit
L’affaire a débuté, de l’aveu même du principal intéressé, sur un parcours de golf, en 2010: un délit d’initié dévoilé lundi par KPMG. Le géant de l’audit n’a pas ménagé ses efforts pour minimiser l’événement, en licenciant le fautif et en mettant un terme à sa revue des comptes de deux clients concernés par les fuites d’information.
En l’occurrence, KPMG a indiqué avoir été informé qu’un responsable de son activité d’audit à Los Angeles avait transmis à un tiers des informations confidentielles concernant plusieurs sociétés cotées de la Côte Ouest. Une situation ayant amené le cabinet, sans remettre en cause la qualité des revues passées, à abandonner deux d’entre elles.
KPMG condamne un comportement strictement individuel inacceptable de l’un de ses 8.600 associés dans le monde, qui a «trahi la confiance de ses clients et de ses collègues». Mais l’identité de l’associé, Scott London, chez KPMG depuis 29 ans, ainsi que celle des deux groupes, le spécialiste des compléments alimentaires Herbalife et le fabricant de chaussures Sketchers, n’ont été précisées que mardi, par les intéressés eux-mêmes et alors que Reuters a évoqué une enquête en cours du FBI et Bloomberg du département de la Justice et de la SEC. Le trader bénéficiaire des informations, Bryan Shaw, n’est lui sorti du bois que cette nuit par la voix de son avocat pour présenter ses excuses.
Professeur de comptabilité à l’université du Wisconsin, Brian Mayhew reconnaît tout de même une réaction «assez extraordinaire» et «forte» de la part de KPMG. Scott London de son côté a publié un communiqué reconnaissant et regrettant des faits dont le cabinet d’audit «n’est en rien responsable».
Mais la nouvelle n’a pas manqué de remettre en lumière le projet d’une règle instaurant une exigence de transparence publique des cabinets quant à l’identité des associés responsables de chaque mission. Une règle, combattue par le secteur, envisagée mais non votée en octobre 2011 par le régulateur de l’audit aux Etats-Unis, le PCAOB (Public company accounting oversiht board), créé en 2002 dans le sillage du scandale Enron qui avait entraîné la chute d’Arthur Andersen.
«C’est une honte que le PCAOB ait choisi de ne pas avancer sur cette proposition de première importance», a lancé Lynn Turner, ancien chef comptable de la SEC. Une porte-parole du régulateur a indiqué que la proposition pourrait bien être finalement adoptée, sous réserve d’une validation de la part de la SEC, d’ici le mois de septembre.
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