L’affaire de corruption menace le plan de redressement de Finmeccanica
Après l’affaire Saipem en Algérie, et alors que la campagne électorale en Italie exacerbe les polémiques, l’arrestation mardi du PDG de Finmeccanica pour corruption présumée en Inde ne va pas améliorer l’image de marque des industriels italiens. L’affaire tombe surtout mal pour le groupe d’aéronautique et de défense, détenu à 32% par l’Etat italien. Sous l’impulsion du PDG Giuseppe Orsi, le fabricant des hélicoptères Augusta s’était engagé ces derniers mois dans un vaste programme de restructuration et de désendettement. Celui-ci est aujourd’hui menacé par les conséquences de cette arrestation. En réaction, Fitch a d’ailleurs placé dès mardi la note BBB- de Finmeccanica sous surveillance négative.
D’un point de vue financier, Finmeccanica risque assez peu. «Au regard des précédents (Boeing en 2006, BAE Systems en 2010, Thales en 2011 ou Safran en 2012), il n’existe pas de lien direct entre la taille du contrat et l’amende. Nous estimons que dans le scénario du pire, une amende de 170 millions d’euros pourrait être demandée, soit 15,6% du cash brut à fin septembre», calculent les analystes d’Oddo. D’un point de vue commercial, la sanction est encore difficile à mesurer. Le ministre indien de la Défense a tonné que l’Inde annulerait le marché, d’une valeur de 560 millions d’euros, et placerait Finmeccanica sur sa liste noire, si les soupçons de corruption à son encontre se révélaient fondés.
En revanche, même si le conseil d’administration a nommé hier Alessandro Pansa, numéro deux de Finmeccanica, comme président intérimaire, ce pouvoir temporaire risque de retarder un peu plus le plan de cessions d’actifs, notamment la vente de la division énergétique AnsaldoEnergia, valorisée environ 550 millions d’euros, nécessaire pour réduire la dette (4,8 milliards d’euros fin 2012). Début janvier, S&P avait envoyé le groupe en catégorie junk car il n’avait pas tenu son objectif d’un milliard d’euros de cessions d’actifs en 2012.
«Si Giuseppe Orsi est obligé (ou choisit) de démissionner, cela introduira un risque et affectera de manière conséquente notre jugement d’investissement, qui se base sur la capacité de G. Orsi à mener la procédure de restructuration et de réduction des coûts sur l’ensemble de Finmeccanica», s’inquiète UBS. En deux jours, le cours de l’action Finmeccanica a chuté de 11%. La Consob, l’autorité italienne des marchés financiers, a interdit depuis mardi les ventes à découvert sur le titre.
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