L’affaiblissement du yen freine la croissance externe des groupes japonais

Le volume des 444 opérations annoncées cette année selon Dealogic, dont celle de Grohe dévoilée hier, a chuté de 41% à 36 milliards de dollars
Benoît Menou

En mettant la main sur l’allemand Grohe, numéro un européen de l’équipement de la salle de bains, le japonais Lixil réalise selon sa cible le plus important investissement jamais consenti par un prédateur nippon en Allemagne. Grohe a fait part hier du rachat de 87,5% de son capital auprès de TPG et de DLJ Merchant Banking Partners, filiale de Credit Suisse.

L’acquéreur bénéficie du soutien de la Banque de développement du Japon pour cette transaction conférant à Grohe une valeur d’entreprise de 3,06 milliards d’euros et que ses initiateurs entendent boucler au premier trimestre 2014. L’entreprise allemande conservera son indépendance au sein du groupe, et son directeur général a signé pour 5 années supplémentaires à sa tête.

Lixil étanche ainsi sa soif de croissance externe internationale pour un moment, selon son patron Yoshiaki Fujimori, après que le groupe a croqué l’italien Permasteelisa en 2011 et annoncé le mois dernier le rachat de l’américain American Standard pour 540 millions de dollars. Lixil n’en reste pas moins un symbole de la volonté de croissance à travers le monde des groupes nippons, comme en a témoigné ce mois-ci le rachat par Suntory de deux marques de boissons auprès de GSK pour 1,6 milliard de dollars.

Face à un marché domestique saturé, les groupes japonais cherchent bonne fortune en dehors de l’Archipel. La faiblesse du yen pourtant, qui se négocie aux environs de 100 pour un dollar contre 80 en 2011 et 2012, freine cet élan. Le montant des 444 opérations annoncées cette année (jusqu’à hier) de rachat hors du Japon s’élève selon Dealogic à 36,3 milliards de dollars, en recul de 41%. Sur l’ensemble de 2011 et 2012, les volumes des transactions avaient atteint 83,6 puis 111,1 milliards.

Le plongeon de 2013 trouve sa source principalement dans la baisse des engagements en Amérique du Nord (-78% à 6,8 milliards) ou en Europe (-8% à 14,7 milliards). Tandis que les cibles asiatiques (+81% à 10,9 milliards) représentent cette année 30% des volumes contre 10% en 2012.

En termes sectoriels, la finance fait de loin la course en tête selon Dealogic avec 29,5% des volumes, dont le rachat de 75% de Bank of Ayudhya par Mitsubishi UFJ Financial Group, la plus importante acquisition dévoilée cette année par un groupe japonais à l’international devant celles de Grohe par Lixil et de 90% de Robeco par Orix. Suivent les produits de grande consommation (12,5%), la santé (11,6%) et l’énergie (11,4%).

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