Lafarge va accentuer ses efforts pour améliorer sa structure de bilan
Malgré des prix «globalement bien orientés» sur son principal marché du ciment, le résultat d’exploitation courant de Lafarge, légèrement inférieur au consensus, s’est replié au troisième trimestre de 2% à 839 millions d’euros (-10 % à périmètre et changes constants), pénalisé par une diminution des volumes et une hausse des coûts énergétiques. En excluant l’amende, payée en juillet dernier, de 338 millions pour entente sur les prix de la plaque de plâtre en Europe dans les années 90, le flux de trésorerie disponible, calculé avant investissements de croissance et cessions d’actifs, a diminué de 2,8% à 812 millions en rythme annuel et de 23,8% à 1,3 milliard sur les neuf premiers mois de l’année.
«Avec une génération de cash flow opérationnel après impôts en forte chute, se pose la question du niveau absolu de la dette», estime le bureau d’analyse de CM-CIC Securities. L’endettement net de 14,66 milliards d’euros au 30 septembre est en effet stable d’une année sur l’autre, mais en hausse de 865 millions depuis début 2010 en raison de l’appréciation des devises américaine et britannique par rapport à l’euro sur la période. Sa dette brute de 16,7 milliards, libellée aux deux tiers à taux fixes, est constituée à 61% d’obligations et à 27% de crédits bancaires, le reste reposant sur du papier commercial (8%) et des placements privés (4%). Son taux d’intérêt moyen après swaps s’élevait fin septembre à 5,3% contre 4,9% un an plus tôt.
Compte tenu de «3,8 milliards d’euros de lignes de crédit confirmées d’une maturité moyenne de 3 ans, plus 2,4 milliards de disponibilités», le leader mondial des matériaux de construction estime disposer d’un niveau de liquidité largement suffisant, d’autant plus que la dette de la maison mère (Lafarge SA) ne comporte aucun covenant financier. Conscient de progrès insuffisants concernant sa structure financière, «Lafarge considère que son endettement est trop élevé et nous devons agir pour le réduire», a néanmoins indiqué le PDG Bruno Lafont, en rappelant que le groupe comptait y parvenir sans réaliser d’augmentation de capital. Il compte en revanche dépasser son objectif de 500 millions de désinvestissements pour l’exercice 2010 et accélérera si nécessaire ce mouvement de cessions d’actifs non stratégiques l’an prochain. L’action a clôturé en baisse de 1,58% vendredi à 44,52 euros.
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