Lafarge réalise une part «significative» de son programme de cessions
Alors que le marché attend toujours la cession de la division plâtre, Lafarge (+2,06% à 46,65 euros) vient de vendre ses activités ciment et béton dans le sud-est des Etats-Unis pour une valeur d’entreprise de 760 millions de dollars (535 millions d’euros) au colombien Cementos Argos. Le groupe se refuse à chiffrer la part de dette, précisant seulement à L’Agefi que cette opération contribue «significativement» à l’objectif d’au moins 750 millions d’euros de désinvestissements en 2011.
Les activités cédées ont généré l’an dernier 240 millions de dollars de chiffre d’affaires, soit un peu plus de 5% des ventes de Lafarge en Amérique du Nord, et environ 1% des ventes du groupe. La capacité de production du groupe en Amérique du Nord passera ainsi de 21 millions de tonnes fin 2010 à 19 millions de tonnes. Néanmoins, «l’Amérique du Nord est un pilier essentiel pour le groupe, où nous avons pour ambition d’être le leader incontesté de l’industrie des matériaux de construction», rappelle Bruno Lafont, le PDG de Lafarge. Le cimentier prévoit une reprise progressive en Amérique du Nord avec une hausse de 1 à 4% des volumes cette année et une amélioration des prix. «A court terme, c’est bon pour le désendettement de Lafarge, commente un analyste. A plus long terme toutefois, le groupe réduit son exposition à un marché qui devrait rebondir un jour avec un fort levier opérationnel.»
Lafarge s’est engagé à réduire sa dette de deux milliards d’euros cette année. Elle ressortait à 14,2 milliards d’euros fin mars 2011, contre 14 milliards fin 2010. L’objectif sera rempli grâce à une réduction de 400 millions des investissements, à une division par deux du dividende, et à la réduction des coûts et l’optimisation du BFR. Le solde proviendra des cessions et du cash flow opérationnel. Une urgence, alors qu’en mars dernier, S&P a abaissé la note de Lafarge à «BB+» faisant passer le groupe en catégorie spéculative.
En revanche, Lafarge garde toujours le silence sur l’avenir de sa division plâtre, bien qu’ait eu lieu le premier tour de table avec une dizaine de candidats selon Les Echos. Lafarge valoriserait 800 millions euros la partie européenne et 400 millions de dollars la partie américaine, soit un total de 1,1 milliard d’euros. Si des fonds peuvent être intéressés par la partie européenne, ils jugent le prix élevé. Pour sa part, Aurel valorise «prudemment» l’ensemble à 1,3 milliard d’euros.
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