Lafarge profite de ses performances pour garder le cap du désendettement
Lafarge maintient son cap. Le cimentier français a estimé hier, lors de la publication de résultats annuels plus solides que prévu, qu’il serait apte à atteindre avec un an d’avance la plupart de ses objectifs de réduction de coûts dans le cadre du plan 2012-2015. Les mesures d'économies mises en place devraient ainsi avoir un effet positif sur l’Ebitda de 650 millions d’euros dès cette année. Lafarge anticipe pour cette année une demande de ciment en hausse et une croissance de ses marchés comprise entre 1 et 4% par rapport à 2012, tirée par les pays émergents. «Nous allons pleinement profiter de notre portefeuille majoritairement tourné vers les pays émergents et qui est à 72% hors d’Europe», a souligné son PDG, Bruno Lafont.
Le plan de réduction des coûts, qui a atteint 410 millions d’euros l’an dernier, a d’ailleurs permis de soutenir la marge d’Ebitda du groupe qui a progressé de 160 points de base à 22,5%, contre 20,8% attendu. Et ceci malgré un recul du chiffre d’affaires au quatrième trimestre de 0,1% à 3,8 milliards avec une baisse des volumes de ciment écoulés et de béton prêt à l’emploi de 2%. Le consensus tablait sur des ventes plus élevées, à 3,93 milliards.
Sur 2012, Lafarge, dont la note a été placée en catégorie spéculative par S&P et Moody’s, a ainsi dégagé un excédent brut d’exploitation de 3,45 milliards d’euros, en hausse de 4% en données comparables pour un chiffre d’affaire global en hausse de 2% à 15,82 milliards, porté notamment par «la croissance dans les pays émergents où nous réalisons près de 60% de nos ventes», souligne Bruno Lafont. Un dividende d’un euro par action sera proposé aux actionnaires.
Cependant, la priorité reste la réduction de la dette, avec un maintien de l’objectif de la ramener sous la barre des 10 milliards d’euros «le plus tôt possible en 2013», contre 11,3 milliards à fin 2012 suite à l’acquisition de l'égyptien Orascom en 2008. Bruno Lafont compte notamment sur les «cash flows, la maîtrise de nos investissements, nos actions sur le besoin de fonds de roulement et la poursuite de nos désinvestissements ciblés» pour atteindre cet objectif. «Les capex devraient rester à des niveaux contraints (800 millions d’euros) à moins que le groupe procède à de nouvelles cessions», estime dès lors Oddo Securities. La génération de cash flow libre a chuté de 27% en 2012, à 884 millions d’euros.
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