L’Adam et Moneta AM demandent à Altamir d’engager des rachats d’actions
Altamir Amboise n’en a pas fini avec ses minoritaires rebelles. L’association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) et Moneta Asset Management viennent de déposer une résolution portant sur un programme de rachat d’actions pour l’assemblée générale du 18 avril prochain.
Début mars, Altamir Amboise avait annoncé un doublement de son dividende à 0,41 euro. Une révolution pour la société de private equity, qui propose désormais de fixer son taux de distribution de 2 à 3% de l’actif net réévalué (ANR).
«Nous sommes satisfaits d’avoir été entendus, mais ce n’est qu’un premier pas», confiait récemment à L’Agefi, Romain Burnand, directeur général de Moneta Asset Management. Il rappelait que le montant versé ne représentait que 26% du résultat IFRS alors que la société avait déclaré son intention de distribuer 90% de ses bénéfices, lors de son transfert sur le nouveau marché en 1998.
Si l’an dernier, l’Adam et Moneta AM avaient déposé, sans succès, une résolution proposant de fixer le dividende à 1 euro pour 0,20 euro proposé, les deux alliés ont changé de stratégie cette année, demandant le vote d’un programme de rachat d’actions, suivi d’une annulation des titres. Ils proposent que la société achète ses titres, quand le cours sera inférieur de plus de 20% au dernier ANR publié, décote moyenne des sociétés comparables selon les initiateurs de la résolution. Le groupe pourra racheter au maximum 0,5% de son capital chaque mois, soit un maximum de 6% dans le cadre de cette résolution, sans dépasser un prix unitaire de 14 euros. Le montant total maximum de l’opération ressortirait à 30,7 millions d’euros et serait financé par la trésorerie du groupe, de près de 100 millions fin 2012.
Fin 2012, le dernier ANR ressortait à 13,47 euros. Or, depuis le début de l’année, le titre a touché au plus haut 9,28 euros, soit une décote de plus de 30%. La résolution proposée serait donc d’application immédiate, et vise «à mieux aligner les intérêts économiques des actionnaires commandités avec ceux des commanditaires». En effet, la gérance n’a jamais utilisé ses autorisations de rachat d’actions, privilégiant l’accroissement de la taille au détriment des retours aux actionnaires.
Le plus dur reste à faire. Avec 22,4% du capital, Maurice Tchenio, patron d’Altamir, dispose d’un quasi droit de veto, sauf si les actionnaires se mobilisent en masse.
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