L’Adam défend les minoritaires de Metrologic contre l’assaut de Carlyle

Colette Neuville alerte l’AMF sur l’insuffisance du prix offert et sur le non-respect de l’égalité de traitement des actionnaires
Bruno de Roulhac

Pas de répit pour Colette Neuville! La présidente de l’Association de défenses des actionnaires minoritaires (Adam) vient d’adresser une lettre à l’Autorité des marchés financiers (AMF) estimant l’offre de Carlyle sur Metrologic Group non conforme aux droits et aux intérêts des actionnaires minoritaires. L’Adam met en avant à la fois l’insuffisance du prix offert et le non-respect de l’égalité de traitement des actionnaires.

Le 30 mars dernier, Carlyle a annoncé avoir racheté 61,8% du capital et 71,1% des droits de vote auprès des fondateurs au prix de 38 euros par action et s’apprête à lancer une OPA au même prix sur le solde. «L’acquéreur ne paie aucune prime de contrôle», fustige l’Adam, alors même que le prix offert «correspond exactement à la moyenne sur 50 jours». De plus, ce prix est «très inférieur» aux objectifs des analystes et investisseurs. «L’annonce de l’OPA est une bonne nouvelle pour les actionnaires minoritaires, mais le prix de 38 euros est loin de notre objectif de cours de 50 euros, explique Jean-Baptiste Barenton, analyste chez Portzamparc. Si un fonds entre au capital de Metrologic, c’est bien que la valeur a de l’intérêt ». Aussi, aucun bureau d’analyse ne devrait recommander d’apporter au prix de 38 euros.

L’Adam s’étonne également que Dassault Systèmes affiche des ratios de valorisation deux fois plus importants que ceux de l’offre de Carlyle sur Metrologic, bien que sa rentabilité soit plus faible. «Nous jugeons prudent l’objectif de croissance [de Metrologic] de 10% par an du chiffre d’affaires sur les trois prochaines années, ajoute Jean-Baptiste Barenton. De plus, avec un modèle à coût fixe, la croissance significative de la maintenance et des licences devrait exercer un effet de levier sur la marge opérationnelle, que nous attendons à 51% cette année contre 46% en 2010». En outre, le programme de rachat d’action du groupe voté en 2010 fixait un prix maximum de 60 euros, relève l’Adam.

Par ailleurs, «à la différence des minoritaires, les fondateurs se voient offrir […] le droit de devenir actionnaires de la nouvelle entité contrôlante», et l’équipe de direction conservera son rôle opérationnel. Deux éléments, qui ont une valeur, mais qui n’ont pas été pris en compte dans le prix de l’offre, constate Colette Neuville. Reste à savoir si Carlyle modifiera son offre avant de la déposer, alors que Metrologic cote autour de 39 euros.

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