L’activité d’EDF au Royaume-Uni devrait être portée par la réforme en cours
A l’heure de la réforme du marché britannique de l’électricité et deux ans après le rachat de British Energy, EDF a réuni le 17 décembre les investisseurs à Londres pour présenter sa stratégie au Royaume-Uni.
L’électricien se fixe notamment pour objectif de construire de nouvelles centrales nucléaires, deux par deux, et évalue le coût à 9 milliards de livres pour le projet de Hinckley Point. EDF, qui prendra sa décision finale fin 2011, vise un taux de rendement interne de plus de 10%, et compte y parvenir grâce à la réforme britannique. Cette dernière prévoit un mécanisme de prix minimum pour le carbone, «susceptible de gonfler les prix du marché et donc de bénéficier au parc existant et nouveau», note CA Cheuvreux.
Pour les contrats de long terme réservés aux investissements non émetteurs de CO2, le gouvernement britannique propose notamment le contract for difference, qui « fixe un prix d’équilibre autour duquel évolue le prix de marché intégrant le coût du CO2, rappelle Aurel BGC. Pour le moment le niveau de prix d’équilibre n’est pas défini. Cette méthode permettrait de donner une visibilité parfaite sur le prix tandis que l’opérateur supporterait les risques opérationnels et de construction des centrales».
Cette réforme «va dans le bon sens pour EDF mais des incertitudes importantes demeurent», note Raymond James. En particulier, «si les forwards d’électricité sur le marché libre restent déprimés, les revenus du générateur nucléaire risquent de ne pas être suffisants pour rentabiliser les EPR, [et] les couvertures à un niveau élevé seront difficiles à mettre en place», poursuit le bureau d’analyse. Celui-ci prend l’hypothèse basse d’un forward d’électricité + taxe carbone autour de 55 à 60 livres le mégawatt/heure, contre un coût de 53 à 69 livres le mégawatt/heure pour un EPR complet. «D’importantes incertitudes demeurent sur la rentabilité des futurs EPR et de British Energy plus globalement, ajoute Raymond James. Le risque d’impairment n’est pas levé à ce jour selon nous».
Pour sa part, Nomura «croit qu’EDF pourrait bénéficier» de cette réforme. Mais des questions restent en suspens, notamment sur le niveau du tarif proposé et sur les contracts for difference. En attendant, «les décrets d’application de la loi Nome et la communication sur les objectifs à moyen terme seront probablement les principaux catalyseurs pour 2011», conclut Nomura.
Plus d'articles du même thème
-
Les gestions reviennent avec confiance vers les actions
Les actions pèsent de nouveau la moitié du portefeuille du Panel Allocation. Ce regain s'opère au détriment de l’obligataire et du cash. -
Les gérants crédit continuent de miser sur le portage
Le Panel Crédit de L’Agefi reste prudent, compte tenu du niveau serré des spreads mais continue de jouer la classe d’actifs pour son rendement, soutenu par la hausse des taux. -
La Banque du Japon cherche le bon dosage de ses outils de politique monétaire
Pressée de remonter son taux directeur à cause du retour de l’inflation, la banque centrale japonaise pourrait modérer le rythme de ses rachats d’obligations pour en atténuer les effets.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- LCL détaille les promesses de son plan stratégique sans parvenir à emballer
- BP renvoie son président pour des «manquements inacceptables»
- Avec Redion, Generali crée un géant de l’assistance et des avantages aux salariés
- BNP Paribas et Mistral repartent pour un tour et vantent leur proximité
- Le corpus réglementaire de lutte contre le blanchiment change le paradigme des institutions financières
Contenu de nos partenaires
-
Présidentielle 2027 : pour son premier meeting, Gabriel Attal promet « la force d’agir »
Devant près de 5 000 personnes, samedi 30 mai au Parc des Expositions, à Paris, l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron a évoqué la géopolitique, l’éducation ou encore l’IA. S’il souhaite percer dans cette campagne, il refuse d’appeler « adversaires » ses rivaux du socle commun, dont Edouard Philippe et Bruno Retailleau -
Edgar Morin, sociologue et philosophe de renom, est mort à l’âge de 104 ans
Figure médiatique, le philosophe Edgar Morin appartenait à une gauche moderne. Mort à 104 ans, vendredi 29 mai, il était considéré comme le dernier grand intellectuel français -
Frédéric Rose, ex-préfet des Yvelines, sera le nouveau directeur de cabinet d’Emmanuel Macron
Agé de 52 ans, Frédéric Rose va ainsi succéder à Georges-François Leclerc, en poste depuis octobre 2025 et qui a été nommé mercredi préfet d’Ile-de-France