L’actionnariat salarié peine à trouver un nouveau souffle

Le taux de participation à la dernière offre présentée a fortement baissé selon la Fédération française des associations d’actionnaires salariés
Bruno de Roulhac

Touché par la crise, l’actionnariat salarié marque le pas. Selon le baromètre 2011 de la Fédération française des associations d’actionnaires salariés (FAS) réalisé en partenariat avec Synerfil, l’actionnariat salarié reste encore significatif mais «ne progresse plus, voire baisse». Depuis cinq ans, il ne croît que dans 19% des entreprises cotées ayant répondu à l’enquête (contre +52% en 2010) et recule même pour 38% des sociétes (-31% en 2010). D’ailleurs, plus de la moitié des salariés sont actionnaires dans seulement 28% des 25 entreprises cotées ayant répondu à l’enquête, contre 48% des sociétés en 2010.

Si près de la moitié des entreprises (43%) propose une opération au moins une fois par an, un tiers (36%) n’a réalisé aucune opération depuis début 2007. Les sociétés font toutefois des efforts pour rendre leurs offres plus attractives. Depuis 2007, 81% des entreprises proposent des décotes, et près de 70% (contre 52% dans l’enquête 2010) affichent une décote de 20%. Elles sont également 81% à offrir un abondement, dont le plafond est supérieur à 3.000 euros pour 46% d’entre elles.

Malgré ces incitations, le taux de participation des salariés à la dernière offre présentée a beaucoup baissé. Il n’était supérieur à 50% que dans 19% des entreprises, contre 38% en 2010. Dans ce contexte de crise, seulement 16% des salariés ont davantage vendu leurs titres, tandis que plus d’un tiers (37%) ont arbitré vers des fonds diversifiés plus prudents. En attendant, une entreprise sur deux à l’intention de lancer une opération prochainement.

Un effort reste à faire en termes de gouvernance, avec un représentant des salariés dans seulement 42% des entreprises, et une association de salariés actionnaires pérenne dans moins d’une entreprise sur deux.

Alors que la FAS compte actuellement 25 associations membres, Philippe Lépinay, président de la Fédération depuis juin dernier, se fixe pour objectif d’atteindre les 30 membres d’ici à la fin de l’année, attendant notamment l’arrivée des associations d’actionnaires salariés d’EADS et d’Air France, et le retour de celle de Safran (Actio’S). Cette dernière vient de quitter la Fédération, a annoncé la semaine dernière Michèle Monavon, ancienne présidente de la FAS, ancienne administratrice représentant les salariés de Safran et actuelle présidente d’Actio’S. Or Safran est emblématique avec 17,5% de son capital détenu par les salariés.

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