L’actionnariat salarié gagne ses galons d’agent fédérateur à long terme
«Tous ensemble», tel pourrait être le leitmotiv interne de nombre d’entreprises destiné à vanter les vertus de l’actionnariat salarié. A en croire les résultats du baromètre annuel dévoilé hier par Aon Hewitt, le sujet est en effet toujours davantage porteur d’un message d’engagement commun et d’appartenance à l’entreprise. Pas de doute pour Joël Réthoré, responsable de cette activité chez le consultant, les sociétés mettent clairement l’accent sur l’aspect de gestion des ressources humaines, sortant ainsi d’une perception purement financière liée à la rémunération.
Aon Hewitt a interrogé ces derniers mois 51 sociétés (dont 62% ont un chiffre d’affaires annuel d’au moins 5 milliards d’euros et 90% une présence dans au moins dix pays). Gage d’engagement selon l'étude, 60% des sociétés consacrent des ressources internes dédiées au sujet (de 1 à 3 personnes dans 78% des cas), tandis que 76% d’entre elles ont recours à un prestataire externe, 19 points de plus que l’an passé. Surtout, le consultant a relevé que le seuil d’un actionnariat salarié constituant plus de 3% du capital, déclencheur d’une représentation des salariés au sein du conseil d’administration, était dépassé au sein de plus des deux tiers des sociétés de l'échantillon (68%). Soit plus du double de l’an passé (32%).
En pratique, si l’attribution gratuite d’actions a le vent en poupe (utilisée dans 26% des derniers plans mis en œuvre), sur fond de versement fixe en nombre de titres sans risque pour le salarié, le FCPE classique reste prédominant (70% des derniers plans). Ce dernier a regagné le terrain perdu face au FCPE à effet de levier, dont l’utilisation a chuté cette année de 50% à 22% des cas du fait d’une quête de simplicité pour les salariés et l’entreprise.
Les sociétés financières particulièrement font preuve, selon Joël Réthoré, d’une «grande appétence» envers l’actionnariat salarié. Il en veut pour témoignage le souhait de «généralisation» exprimé dans un entretien aux Echos le mois dernier par Patrick Sayer, le président du directoire d’Eurazeo, soucieux de «réconcilier les salariés avec leur entreprise».
Il n’en demeure pas moins que des freins strucurels existent à la généralisation des plans d’actionnariat salarié, aux premiers rangs desquels selon Aon Hewitt une réticence de l’actionnaire principal, un coût trop élevé pour l’entreprise et un intérêt faible de la part des salariés.
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