Lactalis renégocie ses clauses de dette dans un sens plus favorable
Réuni aujourd’hui, le conseil d’administration de Parmalat devrait se prononcer sur l’offre publique d’achat à 2,60 euros par action que Lactalis lancera du 23 mai au 8 juillet. Epaulé par Goldman Sachs, le groupe italien pourrait, pour la forme, juger qu’il vaut au moins les 2,80 euros par action que son assaillant français avait accepté de payer à trois fonds en mars dernier.
Reste que cet avis sera surtout symbolique. L’OPA suivra juridiquement son cours, et Lactalis, déjà actionnaire à 29% de Parmalat, a conditionné son succès au franchissement des 55%. Le groupe mayennais teste par ailleurs les limites de sa capacité de financement, même s’il compte les repousser après l’opération.
Dans son document d’OPA, Lactalis dévoile pour la première fois sa structure de gouvernance et ses comptes 2010, avec un chiffre d’affaires de 10,4 milliards (+11,5% sur un an) et un taux de marge nette de 3% environ. Le groupe, qui a multiplié les acquisitions, apparaît surtout endetté, avec 3,6 milliards d’euros de dette nette à fin mars 2011.
L’endettement définitif dépendra du taux d’acceptation de l’offre. Avec 55% du capital de Parmalat, Lactalis porterait sa dette à 5 milliards. En retranchant la trésorerie de 1,4 milliard de l’italien, le nouveau groupe afficherait un ratio de dette nette sur Ebitda combiné de 2,6 fois, en dessous du multiple de 3 qu’il s’est engagé à respecter sur sa dette bancaire actuelle. Ce plafond serait atteint si Lactalis décroche 67% de Parmalat, et irait jusqu’à 4,1 fois en cas de détention à 100%, une pure hypothèse puisque le groupe de Laval veut laisser sa cible cotée en Bourse.
Mais l’acquéreur, qui s’appuie sur des lignes d’acquisition de 3,4 milliards d’euros apportées par la Société Générale, Natixis, HSBC et CA CIB, s’est laissé de la marge. Il refinancera de toute façon l’ensemble de sa dette une fois l’opération bouclée. Ces nouvelles lignes, déjà négociées, comprennent une tranche à terme et une autre renouvelable, toutes deux à 5 ans, avec des marges respectives de 250 et 200 points de base, qui pourront fluctuer. Les covenants attachés à ces lignes seront plus lâches: un ratio de levier inférieur à 4,25 fois fin 2011 (et 4 fois fin 2012), un ratio de dette sur fonds propres plafonné à 170% (contre 100% actuellement) et une couverture des intérêts par l’Ebitda de 2,75 fois (au lieu de 4 fois). De quoi permettre à Lactalis d’avaler son concurrent italien sans risquer l’indigestion.
Plus d'articles du même thème
-
Le régulateur taiwanais enquête sur la filiale de gestion d’actifs de Cathay Financial
La Financial Supervisory Commission taïwanaise a lancé une inspection sur site de la société de gestion de Cathay Financial Holding, rapporte Reuters qui cite des propos de son président Peng Jin-lung devant le Parlement. -
Pascal Pouyet : «Un dirigeant de banque coopérative est un passeur»
Podcast - Pascal Pouyet, directeur général du Groupe Crédit Coopératif, est le nouvel invité de Haute Fréquence. -
Schroders devrait céder sa société de conseil financier à Söderberg & Partners
Schroders est sur le point de céder sa filiale de conseil financier Benchmark Capital pour plus de 200 millions de livres sterling au cabinet de conseil suédois Söderberg & Partners, a appris le Financial Times. Benchmark, qui supervise 36,9 milliards de livres d’actifs sous gestion, fournit des services à des conseillers financiers qui s’adressent généralement à des particuliers disposant de centaines de milliers de livres à investir. Or, Schroders souhaite désormais se concentrer davantage sur les clients ultra-fortunés - ceux disposant de plusieurs millions de livres à investir - à l’image de la clientèle servie par sa marque Cazenove Capital, selon des sources proches du dossier.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF ContorsionsEncadrement des loyers : la mairie de Paris met la pression sur les agents immobiliers
Les services de la mairie ont envoyé un courrier aux professionnels pour leur rappeler les règles de fixation des loyers. Ce n'est pourtant pas eux qui y dérogent le plus -
Présidentielle : Jordan Bardella au défi de l'exposition
Une étude de la Fondation Jean-Jaurès révèle combien le président du RN bénéficie d'une image souple, qui s'adapte à celui qui la regarde. Une force qui peut aussi se transformer en faiblesse -
Edouard Philippe, Bruno Retailleau, Jérôme Guedj... Qui sont les candidats à l'élection présidentielle 2027 ?
Alors que la bataille pour la présidentielle 2027 s’emballe, Philippe Brun ajoute son nom à une liste déjà pléthorique de 45 candidats potentiels. L'Opinion en dresse une liste non exhaustive