Labco va se donner de nouveaux moyens d’acquisition avec la Bourse
Seul groupe français de laboratoires de biologie médicale déjà implanté à l’étranger (Espagne, Portugal, Italie, Belgique, Royaume-Uni et Suisse), Labco entend s’appuyer sur sa mise en Bourse pour accentuer un peu plus son profil international. Constituée à coups d’acquisitions, 160 en dix ans, la structure prévoit de lever 320 millions d’euros bruts, auxquels elle devra soustraire environ 15 millions de coûts liés à sa mise en Bourse. La somme améliorera son pouvoir d’achat: les 305 millions rembourseront partiellement 700 millions d’euros de dette obligataire high yield. Le solde de la dette sera refinancé sur le marché à un prix plus avantageux que le taux actuel des obligations de 8,5%. Selon les conditions de marché actuelles, Labco espère mettre en place un financement de long terme à un taux inférieur à 4%.
Le remboursement et le refinancement de la dette auront deux avantages. D’une part, ils réduiront le levier, de l’ordre de 5 fois l’Ebitda fin 2014 à environ 3,25 fois ce qui aura un effet favorable sur la marge payée pour le crédit révolving. D’autre part, les charges d’intérêt, qui s’élevaient en 2014 à 60 millions d’euros, seront mécaniquement allégées.
En 2015, Labco a prévu d’engager 75 millions d’euros dans des acquisitions, dont 4 millions ont d’ores-et-déjà été dépensés. Entre 2016 et 2017, il mobilisera jusqu’à 200 millions. «Lorsque nous intégrons un nouveau laboratoire, nous transférons son activité d’analyses vers notre plate-forme centralisée et utilisons sa structure comme un lieu de collecte», explique Philippe Charrier, le directeur général de Labco. Ces économies d’échelles, couplées à l’industrialisation des analyses (70% d’entre elles sont automatisées), permettent de maintenir la marge, malgré les pressions sur les prix. Ceux-ci ont par exemple baissé à sept reprises en France ces dernières années, de 2,5% en moyenne à chaque fois. Sur la période 2016-2017, Labco prévoit une croissance de 10% de son chiffre d’affaires, dont 3,5% en organique, et une hausse identique de son Ebitda.
«La cotation en Bourse permettra de réaliser des opérations plus structurantes», ajoute Philippe Charrier. Mais pas au point de tomber dans la «surenchère, car à 10 fois l’Ebitda, vous achetez le travail que vous allez faire». Novescia est récemment tombé dans l’escarcelle de Cerba, premier concurrent de Labco, pour plus de 10 fois l’Ebitda. Labco indique réaliser ses acquisitions sur un multiple de 7 fois l’Ebitda.
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