La vente de SFR entre dans sa phase de vérité
Surenchère, calendrier prolongé, indemnité de rupture… Bouygues se démène pour arracher SFR des mains de Numericable alors que les négociations exclusives entre le câblo-opérateur et Vivendi s’achèvent vendredi. Pour tenter d’instiller un peu plus le doute dans l’esprit du conseil de surveillance du groupe de médias, Bouygues a prolongé du 8 au 25 avril la validité de son offre sur SFR, laissant à Vivendi plus de temps si les négociations exclusives avec Numericable ne devaient pas aboutir vendredi.
«Bouygues souhaite permettre à Vivendi de procéder de façon sereine et approfondie à l’examen de son offre et aux échanges que requiert une opération aussi importante», explique le groupe.
L’entourage de Numericable s’étonne de cette prolongation. «Devant l’insistance de Bouygues, Vivendi a pris connaissance de son offre modifiée la semaine dernière. Pourquoi aurait-il besoin de jours supplémentaires?», indique une source. Pour une autre, ce report vise à permettre à Bouygues de trouver les soutiens nécessaires pour financer le relèvement de la part en numéraire offerte à Vivendi. Sur les 1,85 milliard d’euros ajoutés le 20 mars par Bouygues, 300 millions sont apportés par la Caisse des dépôts, 150 millions par François Pinault et 100 millions par la famille Decaux. Restent donc 1,3 milliard d’euros que le groupe de construction prendrait à sa charge au risque de devoir supporter une dégradation de sa note de crédit. Plusieurs fonds d’investissement ont été approchés pour aider au montage.
Selon Exane BNP Paribas, les offres de Numericable et de Bouygues sont aujourd’hui très proches, avec une valorisation implicite de SFR de 17,5 milliards d’euros pour la première et de 17,4 milliards pour la seconde, en prenant dans les deux cas 10 milliards d’euros de synergies. Compte tenu d’un risque concurrentiel plus élevé, reconnu par la mise en place d’une indemnité de 500 millions d’euros payés à Vivendi en cas d’échec de l’opération, Bouygues pourrait être tenté de rallonger encore la part en numéraire. En impliquant de nouveaux investisseurs, à hauteur de 5% du futur ensemble, Bouygues ajouterait 1 milliard d’euros soit 2,4 milliards de plus que Numericable, calcule Exane BNP Paribas, et mettrait son concurrent K.-O..
Numericable se dit serein. Il dispose toujours de l’avantage de l’exclusivité qui lui donne le temps de répondre, point par point, aux différents termes du document signé par le conseil de surveillance de Vivendi.
Plus d'articles du même thème
-
Les notaires élisent leur nouveau président
Pierre Jean Meyssan, notaire à Bordeaux, succède à Bertrand Savouré qui a effectué deux mandats consécutifs à partir de 2024. -
Les dettes bancaires subordonnées voient leurs émissions ralentir
Leurs performances moyennes calent également, mais restent meilleures que celles des autres segments du crédit, au moins pour les dettes subordonnées Additional Tier 1 (AT1). -
L’OPA de Paprec sur Pizzorno est ouverte jusqu’au 10 novembre 2026
L’Autorité des marchés financiers vient de déclarer conforme le projet d’offre publique d’achat simplifiée déposé début juillet. GMB Invest, minoritaire de Pizzorno avec 20,15% du capital, n’a pas obtenu gain de cause auprès de l’expert indépendant et de l’AMF.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIFBenoît Bazin : « Pourquoi ne pas laisser le privé gérer le bâti scolaire, comme en Allemagne ? »
Le PDG de Saint-Gobain alerte depuis des années sur les besoins de rénovation des bâtiments publics, dont 70 % concernent la santé et l'éducation. Le logement, dit-il, doit être une priorité du prochain président. -
Dura lex, capexAnthropic se met à nu pour séduire Wall Street
L'éditeur de Claude espère lever cent milliards de dollars pour financer ses investissements technologiques titanesques -
RepeuplementItalie : le grand écart migratoire de Giorgia Meloni
Le gouvernement italien a multiplié les quotas de travailleurs étrangers pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre et freiner la baisse démographique. La bureaucratie empêche encore une grande partie des entrées programmées de se concrétiser