La vente de ses mobiles à Microsoft transfigure le profil de crédit de Nokia
Le profil opérationnel et financier du «nouveau» Nokia devrait conduire à une révision en hausse de sa note de crédit, actuellement en catégorie spéculative (B1 avec perspective négative pour Moody’s, B+ avec perspective stable pour S&P). Sur la base de comptes pro forma, qui excluent les activités en passe d’être cédées à Microsoft, la marge d’exploitation du groupe finlandais aurait atteint 12,1% au premier semestre 2013, contre une marge de 4,2% publiée.
Les 20.000 emplois supprimés au cours des dernières années dans la restructuration de son activité d’équipements mobiles (NSN), qui représentera plus de 85% des bénéfices de Nokia, ont également eu un impact positif sur la productivité. Le chiffre d’affaires par employé de cette division atteignait ainsi l’an dernier 238.400 euros, contre 232.000 euros pour Ericsson et seulement 195.400 euros pour Alcatel-Lucent, selon des chiffres compilés par Bloomberg.
Quant à la trésorerie nette du groupe finlandais, elle aurait atteint 7,8 milliards d’euros en données pro forma à fin juin, contre 4,1 milliards publiés dans ses comptes semestriels. Ces 7,8 milliards incluent le remboursement d’une échéance de dette de 1,8 milliard d’euros, exigible avant fin mars 2014, plus le paiement de 1,7 milliard afférent au rachat des 50% de Siemens dans NSN.
Microsoft va en outre mettre à sa disposition un financement de 1,5 milliard d’euros. Celui-ci prendra la forme d’une obligation convertible en trois tranches de 500 millions d’euros chacune que pourra émettre le groupe finlandais, avec des maturités de 5, 6 et 7 ans. Ces titres «vont probablement servir à refinancer la dette d’acquisition de la participation de Siemens dans NSN», avance le bureau d’analyse crédit d’Oddo Securities.
L’activité restante de Nokia générant des marges plus élevées et un cash flow libre positif, «un rehaussement des ratings pourrait intervenir en début d’année prochaine, après la finalisation de la transaction», ajoutent ces analystes. Ils jugent que son objectif de revenir en catégorie «investissement» est atteignable, mais qu’il dépendra du retour de cash aux actionnaires, dont le montant sera décidé à l’issue d’une revue de ses actifs. Il est donc possible que sa notation «passe de manière intermédiaire dans la catégorie ‘BB’, le temps que la restructuration de NSN soit achevée», en concluent-ils.
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