La vente de la part de Repsol dans Gas Natural semble loin d’être bouclée

Une absorption par Repsol des actifs non régulés de Gas Natural se heurterait aux réticences de La Caixa, qui contrôle 34% du groupe gazier
Yves-Marc Le Reour

La vente de la part de 30% détenue par Repsol dans Gas Naturel est loin d’être un fait accompli. Selon le Financial Times, le fonds souverain singapourien Temasek et le raffineur chinois Sinopec auraient séparément approché le pétrolier espagnol pour lui reprendre cette participation valorisée 4,7 milliards d’euros. Repsol connaît bien ces deux groupes, puisque le fonds souverain détient 6,3% de son capital et que Sinopec a formé avec lui une coentreprise au Brésil. Ce scénario aurait les faveurs du gouvernement espagnol et de La Caixa, banque catalane qui contrôle à la fois 12% du capital de Repsol et 34% de Gas Natural.

Mais le quotidien Expansion évoque de son côté une autre piste qui verrait Repsol absorber les actifs non régulés du groupe gazier espagnol, après avoir cédé à une partie tierce ses activités régulées dans l’électricité en Espagne et à l’étranger. Ce désengagement ferait suite à la vente par Repsol, en février dernier, d’activités dans le gaz naturel liquéfié (GNL) au pétrolier anglo-néerlandais Royal Dutch Shell pour plus de 5 milliards d’euros.

Si un désengagement de Repsol dans Gas Natural semble cohérent avec la volonté du premier de réorienter ses investissements en direction des pays émergents (Brésil, Venezuela, Russie…), suite à la nationalisation de sa filiale argentine YPF au printemps 2012, ce mouvement n’a pas été confirmé par le pétrolier espagnol qui ne semble pas pressé d’agir. Quant au deuxième scénario, les analystes de Kepler Cheuvreux relèvent que «Repsol et La Caixa disposent d’un pacte d’actionnaires relatif au contrôle commun de Gas Natural». Etant donné que la banque catalane veut garder le contrôle du groupe gazier, «la perspective d’un démantèlement de celui-ci n’aura sans doute pas ses faveurs», estiment-ils.

Ils considèrent que la sortie de Repsol serait logique, compte tenu d’un «niveau de valorisation correcte de Gas Naturel et d’une absence totale de synergies avec l’activité principale du pétrolier espagnol». Mais ce dernier devra en parallèle trouver d’autres sources de revenus pour remplacer la contribution de Gas Naturel. Si le nouveau plan stratégique 2012-2016 de Repsol prévoit 19 milliards d’euros d’investissements, dont 80% dans l’exploration et la production pétrolière, «trouver des opportunités à des prix raisonnables ne devrait pas être si facile», concluent-ils.

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