La vente d’Arthur D.Little s’annonce plus compliquée que prévu pour Altran
En place depuis la mi-juin, Philippe Salle, le nouveau PDG d’Altran peaufine le message qu’il compte adresser aux investisseurs lors d’une réunion programmée pour le 19 octobre. Les récentes rencontres avec des gérants ont déjà fait ressortir deux préoccupations principales. Tout d’abord, une possible dégradation de l’activité. Sur ce point, Philippe Salle a indiqué n’avoir constaté aucun dérapage en juillet et en août par rapport à la tendance du deuxième trimestre. Ensuite, l’évolution du processus de vente d’Arthur D. Little (ADL), la société de conseil dont la mise en vente a été engagée en début d’année par l’ancien PDG, Yves de Chaisemartin. Or, la dégradation de la conjoncture ces dernières semaines vient compliquer le processus.
Le groupe a indiqué aux investisseurs rencontrés ces derniers jours avoir plusieurs acquéreurs potentiels, essentiellement des cabinets de conseil. Mais les négociations sur le prix de vente se sont durcies. L’ancienne direction espérait obtenir environ 70 millions d’euros de la cession d’ADL, soit 62% du chiffre d’affaires réalisé en 2010. La cession pourrait se faire à un prix inférieur, les candidats encore en lice étant semble-t-il surtout intéressés par la marque ADL. Celle-ci est valorisée 32 millions d’euros dans les comptes d’Altran.
Malgré sa réputation mondiale, la société de conseil achetée en 2002 par Altran, n’a jamais apporté les bénéfices escomptés. Altran a dû déprécier au premier semestre 2011 de 38,6 millions d’euros la valeur d’ADL à son bilan, son retournement se révélant plus long que prévu. Elle a essuyé une perte opérationnelle courante de 4,7 millions d’euros, après un déficit de 10 millions en 2009. Au premier semestre 2011, la situation a été redressée avec un bénéfice opérationnel courant de 1,5 million d’euros, mais la marge est faible, surtout en période de ralentissement économique.
Les analystes de la Société Générale rappellent que l’activité d’ADL est très sensible à la conjoncture. «La vente d’ADL à un moindre prix entraînerait un coût maximum non cash de 70 millions d’euros en 2011, sans impact sur les covenants d’Altran», calculent les analystes d’Oddo. Un moindre mal alors qu’un dérapage de l’activité d’ADL, et les restructurations associées, pourraient se solder par de lourdes pertes opérationnelles.
Plus d'articles du même thème
-
Le Royaume-Uni va durcir les règles applicables aux fonds monétaires
Le gouvernement britannique introduira de nouvelles orientations pour les fonds monétaires afin de répondre aux demandes de rachats en période de stress. Une nouvelle législation dont les spécificités techniques seront prochainement apportées par la Financial Conduct Authority, le régulateur local. -
Schroders pourrait se séparer de sa filiale en Chine
Le gestionnaire d’actifs britannique avait obtenu l’autorisation de Pékin pour lancer cette filiale en 2023. -
Les taux américains atteignent leur plus haut niveau depuis un an
Les marchés ont signifié leur déception vendredi après la visite à Pékin du président américain Donald Trump, dont ils espéraient une issue au blocage du détroit d’Ormuz. Entre la hausse des cours du pétrole et les possibles réactions des banques centrales, ou le risque de coûts budgétaires pour les Trésors aux Etats-Unis comme dans de nombreux autres pays, les taux ont grimpé à des plus hauts depuis un an.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Changement d'èreAu sommet de la Fed, Kevin Warsh sur une ligne de crête, coincé entre Trump et réalité économique
Choisi par Donald Trump, qui souhaite infléchir les taux directeurs malgré l’envol de l’inflation, le nouveau patron de la banque centrale américaine disposera de marges de manœuvre restreintes -
PansementImmobilier : le gouvernement cherche la parade pour lutter contre les squats
Le projet de loi Ripost du ministre de l’Intérieur, en discussion la semaine prochaine au Sénat, veut combler le vide juridique concernant les squats dans les locations touristiques. Un bon début -
Pénuries de médicaments : l'UE en passe d'adopter une nouvelle loi pour réduire sa dépendance à l'Asie
Un accord a été scellé cette semaine pour garantir l'accès aux médicaments les plus vitaux. Le texte veut inciter les entreprises à produire en Europe pour contourner les problèmes de fabrication à l'étranger, qui génèrent la moitié des pénuries