La valeur des 14 % détenus par Areva au capital de STMicro fait débat

Seul acteur susceptible de pouvoir acheter cette participation, le FSI propose un prix inférieur à sa valeur de marché
Olivier Pinaud

La cession par Areva au Fonds stratégique d’investissement (FSI) de sa participation au capital de STMicroelectronics (STM) bute sur une question de prix. Anne Lauvergeon, la présidente du directoire du groupe de nucléaire, avait reconnu cet été la tenue de discussions avec le bras financier de l’Etat. Relancées récemment, celles-ci n’ont pas abouti.

Selon Les Echos, le FSI serait prêt à débourser 700 millions d’euros pour les 14,22% détenus indirectement par Areva au capital de STM. Or, au cours de Bourse actuel du fabricant de puces électroniques, la participation vaut 885 millions d’euros, soit 25% de plus que l’offre du FSI. Ni Areva, ni le FSI n’ont souhaité commenter cette divergence de point de vue.

La situation financière d’Areva ne rend pas urgente une levée de fonds. Evoquée depuis six ans, l’ouverture du capital du groupe de nucléaire peut tout à fait attendre encore quelques mois. Le gouvernement a d’ailleurs rappelé hier, par la voix de Christine Lagarde, la ministre de l’Economie, qu’il compte prendre «le temps nécessaire pour parvenir à un accord satisfaisant». Areva n’a donc pas besoin de brader sa participation au FSI.

Mais en face, le FSI peut faire valoir le manque de liquidité de cette participation pour justifier une décote. Ces 14,22% sont détenus indirectement via un holding (FT1CI). Celui-ci est contrôlé à 80 % par Areva et à 20 % par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Or, ces titres ne peuvent pas être cédés à une partie privée, encore moins étrangère, sans remettre en cause l’accord de gouvernance à parité franco-italien qui prévaut chez STM. La Caisse des dépôts italienne (CDP) est en effet le deuxième actionnaire du groupe de puces électroniques, avec 50% du holding de tête de STM aux côtés de FT1CI. Le FSI est donc l’un des rares acteurs à pouvoir racheter cette participation, ce qui l’incite à proposer cette décote.

Quel que soit son prix, cette cession ne suffira pas pour Areva qui comptait lever en bas de fourchette 1,5 milliard d’euros. Si le Qatar est aujourd’hui hors-jeu, des discussions sont toujours en cours avec Koweit Investment Authority, a confirmé Christine Lagarde. Le fonds pourrait prendre 5% du capital d’Areva pour 500 millions d’euros, ce qui valoriserait Areva 10 milliards d’euros.

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