La transition technologique se fait dans la douleur pour Nokia
Deux mauvaises nouvelles en une seule journée, il n’en fallait pas davantage pour faire plonger hier l’action Nokia de 14,5% à 3,3 euros à la Bourse de Helsinki. Le groupe finlandais, dont la capitalisation boursière a perdu 45% en un an, à 12,2 milliards d’euros, a tout d’abord fait état d’un problème technique sur le Lumia 900, nouveau combiné tout juste commercialisé par AT&T aux Etats-Unis, qui concernerait le système d’exploitation Windows Phone de Microsoft.
L’équipementier explique que la panne affectant ce smartphone, qui peut se traduire par «une perte de connectivité», devrait être résolue d’ici à la fin de cette semaine et s’engage à accorder à tout acheteur de ce modèle une remise de 100 dollars sur sa facture téléphonique, s’il a été acquis avant le 21 avril. Ce geste commercial correspond à une remise intégrale sur le prix de l’appareil, vendu à 99,99 dollars avec un contrat de 2 ans.
Ce «bug» survient au plus mauvais moment pour un appareil qui doit être lancé à l’échelle mondiale au cours de ce trimestre et il compromet ses espoirs de rattraper Apple et Google qui ont distancé le groupe finlandais sur le segment des smartphones. «C'était peut-être le risque le plus sérieux pour Nokia: que la remise au goût du jour des modèles Lumia ne soit pas assez rapide pour compenser les ventes insuffisantes de [son ancienne plate-forme propriétaire] Symbian», commente Thomas Langer, analyste chez WestLB.
Signe de cette transition difficile, Nokia a prévenu qu’il enregistrerait au premier trimestre de cette année une perte d’exploitation d’environ 3% du chiffre d’affaires pour sa division de combinés et services mobiles, et légèrement plus élevée au deuxième trimestre, en raison d’un «marché très concurrentiel» conduisant à des ventes particulièrement décevantes en Asie et au Proche-Orient. Outre la rationalisation de ses sites de production entreprise depuis un an, le groupe «examine la cession d’actifs non stratégiques», a déclaré le directeur général Stephen Elop. Sa trésorerie nette s’élevait à 4,9 milliards d’euros à fin mars contre 5,6 milliards fin décembre.
Cette double déception a éclipsé l’annonce de son modèle Lumia 610, combiné sous Windows intégrant la technologie de paiement sans contact NFC («Near Field Communication») qui permet de régler ses achats, sauvegarder un billet électronique ou échanger des photos et des cartes de visite.
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