La tension monte entre le président de CS, son créancier et ses actionnaires minoritaires
Le juge du tribunal de commerce de Paris n’a pas tranché hier le litige entre Yazid Sabeg, le président et premier actionnaire de CS, et son créancier Cira, concernant la propriété des actions CS nanties et réclamées depuis plusieurs semaines par Cira.
Un nouveau rendez-vous a été donné aux deux parties en début de semaine prochaine, le temps pour Cira d’examiner les conditions de l’augmentation de capital de 15 millions d’euros projetée par CS et dévoilées lundi soir. Le temps également pour lui d’officialiser devant le juge sa volonté de participer à l’opération.
Frédéric Peltier, l’avocat du holding Cira, a rappelé hier lors de l’audience l’intérêt de Cira à suivre la levée de fonds afin de limiter la dilution et ses pertes qui dépassent les 15 millions d’euros. L’opération projetée par CS devrait se faire à un prix de 1,36 euro par action, avec maintien du droit préférentiel de souscription à raison de 7 actions nouvelles pour 4 actions anciennes. Elle entraînera la création de plus de 11 millions de nouveaux titres, soit 175% du nombre d’actions existantes.
D’ici le prochain rendez-vous devant le juge du tribunal de commerce, et en prévision de l’assemblée générale du 15 juillet, CS et son principal actionnaire devront répondre aux interrogations de Cira et des autres actionnaires minoritaires qui le soutiennent.
La SSII indique que l’opération n’est pas garantie à ce stade mais Yazid Sabeg se dit prêt à apporter entre 75% et 89% des fonds, alors que sa holding luxembourgeoise Sava & Cie, dont Cira est créancier avec le Crédit Agricole, n’honore plus ses créances. «D’où viennent les fonds et pourquoi entre 75% et 89% ?», interroge l’avocat de Cira.
Pourquoi également, selon lui, Yazid Sabeg vient-il de transférer les actions CS détenues par sa holding Sava & Cie et la société Armatel vers une nouvelle holding luxembourgeoise, Duna & Cie, créée quelques jours seulement avant l’annonce du projet d’augmentation de capital ?
L’actionnaire minoritaire s’interroge enfin sur les termes de l’accord conclu récemment avec les banques créancières de CS, notamment le Crédit Agricole, qui est également le premier créancier de la holding personnelle de Yazid Sabeg. Selon Médiapart, la banque aurait conclu un accord avec le dirigeant pour ne pas demander l’attribution de ses actions nanties.
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