La taille et le secteur des entreprises influencent fortement la note de crédit des agences
La taille de l’entreprise et son secteur d’activité peuvent conduire à des différences sensibles d’appréciation dans la modélisation du risque financier d’une entreprise. C’est l’une des principales conclusions d’une étude présentée hier par Bfinance à partir d’un échantillon de 125 sociétés européennes non financières cotées en Bourse, notées à la fois par S&P et Moody’s. Si 60% de ces entreprises ont reçu la même note de crédit de la part des deux agences, Moody’s a placé en catégorie spéculative 11% de l’échantillon, contre 9% pour sa concurrente.
Les divergences de notation ont également tendance à s’accroître à mesure que diminue la taille des émetteurs. «Pour celles qui réalisent un chiffre d’affaires annuel inférieur à 7,5 milliards d’euros, les agences sont du même avis seulement une fois sur deux», souligne le cabinet de conseil, alors que leur opinion est similaire dans 71% des cas lorsque ce chiffre est supérieur à 30 milliards. Une taille importante favorisera un meilleur rating, les émetteurs dont les ventes sont inférieures à 3 milliards d’euros étant majoritairement classés en catégorie spéculative (à 53% par S&P et à 65% par Moody’s).
Sur une quinzaine de secteurs pris en compte, les notes attribuées par les deux agences sont en moyenne équivalentes dans seulement 4 secteurs: les télécoms, les biens de consommation, l’hôtellerie et les transports. Moody’s a tendance à mieux noter les industries dont le cycle d’activité est plutôt long (énergie, utilities, mines) alors que S&P «semble apprécier davantage la distribution ou les médias, exposés à un risque macroéconomique de plus court terme». Le secteur automobile comporte 60% d’émetteurs notés en catégorie spéculative par les deux agences, alors que les trois quarts de l’échantillon global sont en catégorie investissement.
L’analyse par pays est plus homogène entre les deux agences qui privilégient le Royaume-Uni, devant la France, l’Allemagne et l’Italie. Pour un émetteur français, la note moyenne est cependant plus élevée chez Moody’s (Baa1) que chez S&P (BBB). On notera enfin que la seule entreprise de l’échantillon en défaut (notation D), Seat Pagine, cumule les facteurs négatifs puisqu’elle est italienne et qu’elle réalise des ventes de moins de 3 milliards dans le secteur des médias, classé 13e sur 16 dans l’étude.
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