La stratégie de l’américain Dynegy pourrait être mise en faillite
Rien ne va plus pour Dynegy. Le groupe énergétique de Houston a annoncé mardi une perte nette au quatrième trimestre 2010 de 164 millions de dollars, soit 1,36 dollar par action, contre une perte de 355 millions un an plus tôt. Ce redressement relatif des résultats est néanmoins largement dû à la baisse des charges, alors que les revenus n’ont que très marginalement progressé sur la période à 451 millions de dollars (contre 441 millions un an avant). De plus, la société a alerté l’autorité de marché américaine (SEC) sur le fait qu’elle envisageait la possibilité de faire défaut sur ses échéances de dette au cours du second semestre de l’année et de se mettre sous le coup de la loi des faillites (Chapter 11), suite à un audit réalisé par Ernst & Young. Le cabinet a en effet émis de «très sérieux doutes» quant à la pérennité de la situation financière du groupe.
«Au regard du possible non-respect de nos engagements, nous essayons de modifier ou remplacer nos lignes de crédit actuelles» a indiqué la société dans le document remis à la SEC. Le groupe, qui avait une dette nette de 4,8 milliards de dollars fin 2010, a vu sa capacité de génération de cash flow réduite par la baisse des prix énergétiques. En effet, le prix du gaz naturel a chuté à environ 4 dollars par million d’unités thermales, contre un plus haut de 13,69 dollars atteint en 2008. Dynegy envisage de céder une partie de ses actifs ou d'émettre des titres pour dégager de la trésorerie. Une option évoquée par les analystes serait de céder séparément les activités de production de gaz et de charbon.
Cette situation pourrait en outre redonner la main à Carl Icahn, qui détient 15% de Dynegy et dont l’offre de 665 millions de dollars, avait été rejetée le mois dernier par les minoritaires, dont Seneca Capital, détenteur d’une participation de 12%. Cet échec avait entraîné une débâcle au sein de la direction, avec notamment la démission du directeur général. Hier, quatre nouveaux administrateurs ont été nommés par les deux premiers actionnaires sans que cela rassure les investisseurs. Stable à l’ouverture de Wall Street mercredi, le cours restait proche des 5,50 dollars, soit le prix de rachat proposé par Carl Icahn, considéré à l’époque comme trop faible.
Plus d'articles du même thème
-
Les satellites et SpaceX, le nouveau dossier épineux pour les régulateurs des télécoms
Un nouveau bras de fer est engagé entre Bruxelles et Washington, sur fond de souveraineté technologique, autour de l’attribution des bandes de fréquences pour l’internet mobile par satellite. -
L’accord de libre-échange nord-américain est maintenu
L’USMCA, le traité commercial entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada, n’a pas été prolongé de 16 ans, faute d’accord. Il est maintenu jusqu’en 2036, préservant ainsi les flux commerciaux mais sa révision, désormais annuelle, prolonge l’incertitude pour les investissements. -
Smart Private Assets référence un deuxième fonds d'EQT
La plateforme dédiée aux actifs privés de Murano, l'activité B2B de Crystal, va distribuer EQT Nexus ELTIF Private Equity, un fonds evergreen couvrant les stratégies de capital-risque, capital développement et capital transmission d'EQT.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Contenu de nos partenaires
-
TribunePas de souveraineté sans progrès partagé – par Stéphane Israël
Face à l’essor de l’intelligence artificielle et du numérique, la France doit choisir entre un isolement illusoire et une souveraineté fondée sur un progrès partagé et contrôlé au cœur de l’Europe -
Décrue« Les supertankers sont pleins à ras bord » : pourquoi les cours du brut rechutent
Contre toute attente, les cours du Brent ont déjà effacé la « prime de guerre » déclenchée par les premiers bombardements de l'Iran fin février, alors même que les tensions géopolitiques restent vives et que le détroit d’Ormuz demeure sous surveillance. -
Tourisme : la France, toujours pas la destination préférée des Français !
Le conflit au Moyen-Orient a enrayé la dynamique des réservations chez les voyagistes. La période estivale s'annonce moins lucrative et plus européenne