La sortie partielle du capital de GDF Suez marque un changement d'ère pour GBL
Entamée l’an dernier, avec les cessions de participation totale ou partielle dans Arkema, Pernod-Ricard et Suez Environnement, la transformation du Groupe Bruxelles Lambert a pris une plus grande ampleur. Le groupe de l’homme d’affaires belge Albert Frère s’est allégé au capital de GDF Suez, l’une de ses participations historiques, constituée en 1996 par un investissement dans la Compagnie de Suez et renforcée par la suite. Le bloc de 5% représentait un peu plus de 15% de son portefeuille, derrière Lafarge (19%) et Total (28%).
GBL a placé pour un milliard d’euros d’obligations échangeables en actions GDF Suez, soit environ 54 millions d’actions représentant 2,3% du capital du groupe d’énergie. A terme, le holding pourrait réduire ainsi de moitié sa présence chez GDF Suez. Le prix d’échange implicite des obligations (18,32 euros) fait ressortir une prime d’émission de 20% par rapport au cours de référence de l’action. Les titres ont une maturité de 4 ans et portent intérêt à un taux annuel de 1,25%. Le placement était dirigé par BNP Paribas Fortis, Deutsche Bank, Société Générale et UBS. Rothschild conseillait GBL.
Cette sortie, certes différée et qui ne privera pas la holding des dividendes du groupe jusqu’en 2017, intervient au moment où GDF Suez est profondément chamboulé par la baisse de la consommation d’énergie en Europe et l’envolée de sa dette à la suite du rachat au prix fort début 2012 des actionnaires minoritaires d’International Power. En un an, le cours de Bourse du groupe d’énergie a perdu un quart de sa valeur. Et GBL devra enregistrer dans ses comptes 2012 une dépréciation de 758 millions d’euros liée à cette participation. Les investisseurs ont d’ailleurs semble-t-il été sensibles aux difficultés de GDF Suez. GBL a été contraint de relever de 50 points de base, pendant le placement, le rendement indicatif des obligations.
Depuis le changement de direction de GBL l’an dernier, notamment avec l’arrivée de Gérard Lamarche, ancien directeur financier de GDF Suez, certains observateurs s’attendaient à une sortie partielle du groupe d’énergie, voire de Total. La holding, qui avait toujours fait mieux que le marché au cours des quinze années précédentes, a sous-performé le marché cinq années sur six depuis 2006. D’où la nécessité de réorienter le portefeuille. Mais pour l’instant, GBL n’a fait que vendre des participations.
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