La sortie du capital d’Amaury va gonfler le dividende de Lagardère
L’accord sur la vente de ses 7,4% au capital d’EADS donne des ailes à Lagardère. Le groupe a conclu la cession de sa participation de 25% chez Amaury, l’éditeur des journaux Le Parisien et L’Equipe mais surtout l’organisateur du Tour de France. Une compétition qu’Arnaud Lagardère aurait aimé racheter pour étoffer sa filiale Unlimited de droits sportifs mais que la famille Amaury n’a jamais voulu lui vendre.
Depuis trois ans, les relations entre les deux parties s’étaient donc tendues, encore plus avec les difficultés du distributeur de journaux Presstalis, détenu partiellement par Lagardère. Il y a deux ans, le groupe Amaury avait envisagé de vendre Le Parisien pour financer la sortie du capital de Lagardère.
Les négociations ont finalement abouti sur un prix de vente de 91,4 millions d’euros, ce qui valorise 100% du capital d’Amaury à 365,6 millions d’euros. La transaction sera conclue après son vote par l’assemblée générale du groupe Amaury. Le prix de sortie est inférieur à la valeur comptable de la participation au bilan de Lagardère, à 98 millions d’euros.
Malgré cet écart de prix, la cession de la participation est bien perçue. Le cours de l’action Lagardère a progressé de 1,65% à 29,2 euros, portant à 15,48% sa hausse depuis le début de l’année. «Une partie du produit de cession, qui s’élève au total à 0,7 euro par action, devrait être reversé aux actionnaires, si bien que le dividende exceptionnel qui sera versé cette année pourrait être supérieur à notre estimation», apprécie Jean-Baptiste Sergeant, analyste chez Gilbert Dupont. Jusqu’à présent, le courtier prévoyait un dividende exceptionnel de 9,5 euros par action, en tablant sur la redistribution de la moitié du produit de cession des 7,4% dans EADS. Le coupon exceptionnel pourrait donc atteindre près de 10 euros par action.
Reste pour Lagardère à trouver une solution pour ses deux dernières participations minoritaires. Celle de 42% dans Marie Claire, évaluée 125 millions d’euros par Lagardère. L’actionnaire familial du groupe de presse féminine répète qu’il n’est pas acheteur. Quant aux 20% dans Canal + France, difficiles à mettre en Bourse, Lagardère n’a jamais trouvé d’accord sur le prix avec Vivendi, l’autre actionnaire. Cette part est valorisée 1,15 milliard d’euros dans les comptes de Lagardère. Les relations entre les deux actionnaires ont récemment dégénéré, Lagardère ayant assigné Vivendi devant le tribunal de commerce.
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