La sortie de KKR et Goldman Sachs déstabilise PagesJaunes
KKR et Goldman Sachs soldent sans gloire le dossier PagesJaunes, dont ils avaient acheté 55% du capital en 2006 auprès de France Télécom pour un montant de 3,3 milliards d’euros. La dette de plus de 4 milliards d’euros contractée pour financer l’opération, soit un multiple de 9,5 fois l’Ebitda, en faisait alors le plus important LBO en France.
Depuis, les contraintes de liquidité du groupe d’annuaires, et la baisse du dividende censé couvrir les charges de la dette, ont rendu l’équation financière impossible. KKR et Goldman Sachs ont ainsi dû monétiser en actions la dette résiduelle de leur holding de contrôle Médiannuaire pour éviter une sortie de route. Conséquence, Jacques Garaïalde, associé de KKR, a démissioné de la présidence de PagesJaunes. ll est remplacé par Jean-Pierre Remy, déjà directeur général.
KKR et Goldman Sachs ne détiendront plus, une fois le processus de restructuration achevé, que 3% du capital du groupe d’annuaires, a appris L’Agefi de sources de marché. Le fonds Cerberus, qui était le premier prêteur de Mediannuaire, recevra en échange de ses créances un peu plus de 80% du capital du Holding, équivalent à 16% de celui de PagesJaunes. Le solde sera transmis aux autres prêteurs, essentiellement des banques, ce qui leur donnera environ 35% du capital de PagesJaunes. Les banques percevront également le solde de trésorerie de Médiannuaire, soit environ 60 millions d’euros, a appris L’Agefi.
Le dédommagement ne suffira pas à combler les pertes subies par les prêteurs, particulièrement ceux de la première heure. «Avec 10 euros de dette par action environ pour un cours de Bourse de 1,7 euro hier, les prêteurs peuvent espérer à peine 10% de «recovery value» en vendant les actions reçues», calcule un bon connaisseur du dossier.
Cette restructuration risque d’entraîner d’importants mouvements au capital du groupe dans les prochains mois, même si une partie des titres transférés aux créanciers sont concernés par des clauses de conservation. Cerberus lui-même n’est pas un fonds de long terme. D’où la baisse de 4,73% de l’action PagesJaunes hier, le marché craignant un afflux de papier.
En revanche, les obligations ont gagné près de 3%. La restructuration du holding de tête lève en effet une contrainte financière de taille pour le groupe qui pourra plus facilement se désendetter voire procéder à des acquisitions payées en actions pour accroître son Ebitda.
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