La sortie de Dassault Aviation redevient d’actualité pour Airbus
Au détour de ses résultats semestriels, Airbus Group (ex-EADS) a précisé hier poursuivre «différentes solutions pour la vente de sa participation dans Dassault Aviation [...] dans le cadre de la refonte de son portefeuille». Airbus détient 46,32% du capital de l’avionneur français. Une participation valorisée actuellement 5,3 milliards d’euros.
Jamais le constructeur aéronautique et spatial n’avait été aussi clair sur ses intentions, même si son PDG, Tom Enders, a rappelé que ce projet était envisagé de longue date. «Nous avons très clairement communiqué sur le fait que la décision était que nous voulions monétiser cette participation à un moment ou à un autre, donc la question n’est pas si, mais quand et comment nous le faisons, a expliqué le patron d’Airbus. Nous voulions faire passer le message que nous sommes activement engagés sur la question, pas plus, pas moins».
L’été dernier, le fonds activiste TCI avait mis la pression sur le groupe européen, lui demandant de céder immédiatement ses titres Dassault Aviation en raison de l’intérêt stratégique «limité» de cette participation et de l’absence de synergies. D’ailleurs, l’Eurofighter d’Airbus et le Rafale de Dassault sont concurrents. Dans la foulée, TCI proposait de rendre l’argent aux actionnaires via un dividende exceptionnel ou un programme de rachat d’actions. Un mois plus tard, en septembre 2013, TCI relançait le débat en invitant Airbus à céder directement ses titres Dassault à ses actionnaires sous forme de dividende.
Dassault Aviation, qui est contrôlé à hauteur de 50,55% par la famille Dassault, se refuse pour le moment de se prononcer sur un éventuel rachat de la participation d’Airbus. D’ailleurs, le pacte d’actionnaires de juin 2013 consécutif à la restructuration du capital d’EADS, stipule que le constructeur européen doit consulter l’Etat français avant toute cession d’actions Dassault, et que Paris dispose d’un droit de première offre sur ces titres. Une telle opération remettrait une nouvelle fois sur la table la réorganisation du secteur français de la défense, l’Etat et Dassault Aviation détenant de concert 65,8% du capital de Thales.
Airbus table toujours sur une croissance «modérée» de sa rentabilité opérationnelle en 2014 (après une hausse de 9,5% de son résultat d’exploitation avant éléments non récurrents au premier semestre) et vise une marge de 7 à 8% en 2015 (après 6,5% au premier semestre).
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