La soif de croissance de SABMiller met sa notation de crédit sous pression
Avec la moitié du marché australien sous sa coupe, grâce à des marques de renom telles que VB, Cascade ou Crown Lager, Foster’s fait saliver d’envie SABMiller. Le brasseur basé à Londres, qui a vu sa proposition entièrement en numéraire de 9,5 milliards de dollars australiens (7 milliards d’euros) rejetée par le conseil de Foster’s, pourrait ne pas en rester là.
SABMiller, noté Baa1 par Moody’s et BBB+ par S&P et Fitch, paraît disposé à forcer son tempérament habituellement conservateur. Sa proposition initiale, qui valorise la cible à 11,2 milliards de dollars australiens en valeur d’entreprise, aurait un impact immédiat sur les ratios financiers. Elle doublerait la dette nette ajustée du groupe et ferait tomber le ratio de cash-flow opérationnel sur dette nette ajustée de 32% à 17% (sur l’année au 31 mars), selon CreditSights. Enfin, le multiple de dette nette sur Ebitda passerait de 1,8 fois à 3,8 fois.
Pour financer tout projet d’acquisition, SABMiller aurait recours à une facilité de crédit existante de 2,5 milliards de dollars et mettrait en place de nouveaux prêts bancaires, a rapporté Thomson Reuters LPC. Les calculs de CreditSights ne prennent pas en compte le rachat des parts de Coca-Cola Amatil dans sa coentreprise en Australie ainsi que de probables synergies d’intégration.
«Cependant, en fonction de ce que nous savons, nous pensons que cette opération, si elle était finalisée, coûterait à SABMiller un cran sur l’échelle de notation», poursuit CreditSights. Cette perspective a pesé sur le moral des investisseurs. L’hypothèse d’un bond du levier d’endettement a entraîné hier un écartement des contrats d’assurance à cinq ans contre un défaut de SABMiller de 18 points de base (pb) à 100,5 pb, selon CMA.
Pour Fitch, il n’y a toutefois pas de quoi s’alarmer, l’opération apportant du cash-flow additionnel et un meilleur équilibre des devises dans lesquelles sont libellés les dettes et les cash-flows. L’agence a calculé que si SABMiller relevait le prix de son offre afin d’offrir une prime de 30%, cela impliquerait un déboursement supplémentaire de 1,2 milliard de dollars. En conséquence, les ratios de levier pro-forma sur 2013 seraient rehaussés jusqu’à 0,2 fois, un accroissement menant à un niveau que l’agence considèrerait encore compatible avec une note BBB+.
Plus d'articles du même thème
-
CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
Via sa filiale Colis Privé, l’armateur veut acquérir les activités en France, en Espagne et au Portugal de Paack. -
Les lauréats du Students Challenge organisé par Natixis IM défient la crise ESG
Le concours annuel organisé par Natixis IM a réuni lors de la finale trois équipes au cours de laquelle chacune a défendu sa stratégie d’investissement multi-actifs intégrant des contraintes ESG. -
Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
Plusieurs bureaux tempèrent leurs attentes sur le redressement de la marque principale du groupe de luxe.
ETF à la Une
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
Planqués« Il faut que quelqu'un se lève » : les élus du bloc central pas pressés de soutenir Attal, Philippe ou Retailleau
Prudents, les élus repoussent l'heure du choix de leur candidat à la présidentielle de peur de miser sur le mauvais cheval -
Les recettes du pétrole reviennent, mais les Iraniens devront patienter pour en profiter
Les rentrées d’argent auront un impact négligeable pour les citoyens ordinaires -
In folioEncre noire et maillot jaune : Farge monte en selle
Le Monde du Tour restitue bien l’atmosphère de l’événement, son côté éphémère, ses moments de tension, ses creux