La soif d’acquisitions de la SGS ne retombe pas
Compte tenu de ce qui se passe dans le monde», le millésime 2011 a été «exceptionnel» pour la Société générale de surveillance (SGS), selon son directeur général, Christopher Kirk. Les dix divisions du numéro un mondial de l’inspection et de la certification génèrent de la croissance. Pourtant, le chiffre d’affaires du groupe basé à Genève n’augmente que de 0,8%, à 4,75 milliards de francs, et n’atteint pas l’objectif fixé dans le cadre du plan quadriennal 2010-2014. Le bénéfice net est même en baisse de 9,2 %, à 534 millions de francs.
Comment dès lors expliquer l’enthousiasme de Christopher Kirk? La réponse tient en deux mots: le franc fort. En 2011, sur les 92 devises dans lesquelles se traitent les affaires de la SGS, une seule s’est appréciée face au franc. A taux de change constant, le chiffre d’affaires bondit de 13,7%, dont 10,5% de croissance organique et 3,2% issue des acquisitions. A cette aune-là, la marge opérationnelle demeure stable, à 17%. Preuve de cette bonne tenue, la SGS propose à ses actionnaires un dividende de 65 francs par action, inchangé par rapport à l’exercice précédent. «Sans l’effet du franc fort, nous serions à 77,6 francs par action, souligne Géraldine Matchett, la directrice financière. Aussi la santé du groupe doit-elle se mesurer à taux constant. Cela dit, nous ne pouvons ignorer l’impact du franc puisqu’il détermine le montant des dividendes.»
Les sombres indicateurs économiques pour 2012 n’effraient pas la SGS qui, grâce à sa politique effrénée de diversification, tant de ses activités que géographique, est devenue quasi insensible aux turbulences. Présent dans 133 pays, le groupe dit avoir renforcé ses effectifs de 8.000 collaborateurs l’an dernier, portant le total à 71.220. Seule une minorité de ces emplois provient des quelque 22 acquisitions réalisées en 2011.
Ces dernières, pilotées par Jean-Luc de Buman, se sont toutes faites en cash. Elles s’inscrivent dans la volonté de la SGS de contrôler la chaîne de l’offre en amont et concernent surtout l’Amérique du Nord et l’Afrique. Cette année, les regards vont ainsi se tourner vers l’Amérique du Sud. «De nombreux projets aboutiront dans les semaines et les mois à venir», suggère-t-il. Jean-Luc du Buman ne veut pas fournir de chiffre, mais promet que «l’expansion ne sera pas plus lente qu’en 2011».
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