La Société Générale prend ses distances avec Rallye
Quelques fissures commencent à apparaître dans le pool des banques créancières de Rallye. Alors que RBS avait déjà réduit son exposition début septembre, pour un montant d’environ 50 millions d’euros, 85 millions d’euros de dette garantie par des actions Casino viennent d’être cédés à des fonds de dette décotée, a appris L’Agefi de plusieurs sources, selon lesquelles une partie de ces créances a été vendue par la Société Générale. La banque ne fait aucun commentaire, tout comme Rallye.
Les hedge funds Anchorage Capital Group et Angelo Gordon, spécialisés dans ce type de situation, feraient partie des acheteurs. Angelo Gordon ne commente pas. Anchorage n’a pu être joint. Les titres ont été achetés à environ 60% du pair, indique une source.
Au total, ce sont près de 200 millions d’euros de dette sécurisée de Rallye qui ont été vendus à des fonds de dette distressed depuis l’ouverture en mai dernier de la procédure de sauvegarde visant la holding, ses sociétés de tête (Foncière Euris, Finantis et Euris) et deux structures satellites (HMB et Alpétrol). Le montant total de la dette sécurisée par des actions Casino s'élève à 1,4 milliard d’euros.
Éviter l'étalement de dette ou l’abandon de créance
La plupart des contrats de dette obligent un créancier à avoir l’autorisation de la société pour vendre sa ligne de prêts. Mais rien n’interdit à la banque de vendre sa dette en sous-participation : elle reste juridiquement propriétaire de la créance mais le risque est porté par l’acheteur (lender of record).
En vendant ses créances à un prix décoté, la Société Générale préfère supporter des pertes dès aujourd’hui plutôt que d’attendre le résultat de la procédure de sauvegarde prévue pour le printemps 2020. Si le plan visé par Rallye est accepté par le tribunal de commerce, les créanciers verraient leur dette étalée sur 10 ans. S’il est refusé, cela conduirait probablement à une restructuration de la dette de Rallye et de ses sociétés-mères, avec des abandons de créances à la clé pour les banques.
La Société Générale avait déjà exprimé ses doutes cet été. Saisi par la banque, le tribunal de commerce de Paris avait autorisé la banque à récupérer 1,77 million d’actions Rallye, soit 3,4% du capital, en garantie de contrats de financement conclus en décembre 2014 avec Foncière Euris.
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