La Société Générale perd son directeur général délégué à cause du Libor
L’annonce a de quoi surprendre. Didier Valet, nommé directeur général délégué de la Société Générale il y a un peu plus d’un an, a démissionné de ses fonctions «à la suite d’une différence d’appréciation dans la gestion d’un dossier juridique», indiquait hier soir la banque en rouge et noir. Cette dernière ne fournit pas de détail, si ce n’est que l’affaire est «antérieure à son mandat de directeur général délégué». Mais une source proche du dossier a précisé à L’Agefi que son départ était lié au litige sur le Libor aux Etats-Unis. Les deux anciennes trésorières, au niveau mondial et pour la France, ont été mises en accusation en août dernier pour manipulation du Libor par le ministère de la Justice américain. Au moment des faits présumés, entre 2010 et 2011, Didier Valet était directeur financier depuis 2008, avant de prendre en charge la banque de financement et d’investissement en 2012.
Dans son document de référence publié la semaine dernière, la Société Générale fait état de trois contentieux aux Etats-Unis. La banque est notamment inquiétée pour les opérations réalisées avec la Libyan Investment Authority et pour des soupçons de violation d’embargo. Sur le Libor, la Société Générale indique coopérer avec les autorités américaines et avoir engagé des discussions en vue d’un accord, précisant qu’il «est possible, sans être certain», que les discussions aboutissent «dans les prochaines semaines ou les prochains mois». «Un tel accord prévoirait le paiement par Société Générale d’une amende et pourrait en outre lui imposer d’autres sanctions», écrit encore la banque. Pour l’ensemble de ses litiges en cours, la Société Générale indique avoir provisionné 2,32 milliards d’euros.
Didier Valet avait rejoint la Société Générale en 2000, après avoir débuté en tant qu’analyste chez Indosuez puis chez Dresdner Kleinwort Benson. Il est devenu directeur financier en 2008, lorsque Frédéric Oudéa, qui occupait jusqu’alors ce poste, a été promu à la tête de la Banque, alors secouée par l’affaire Kerviel. Dans une note interne consultée par Reuters, Frédéric Oudéa souligne qu’«il a su en particulier mettre son professionnalisme et son leadership au service de la transformation des activités de banque de financement et d’investissement.» «A titre plus personnel, il a été un formidable compagnon de route au cours de ces dernières années», ajoute-t-il.
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