La situation reste tendue pour les équipementiers automobiles européens
L’industrie automobile européenne est en retard sur la reprise. Tel est le constat de la dernière étude annuelle d’Alix Partners sur le secteur. Certes, les soutiens étatiques ont permis de freiner la baisse des volumes depuis 2007 sur le Vieux Continent. Mais le rebond y sera aussi plus lent qu’ailleurs. Selon Alix Partners, le niveau de 2007 ne devrait être retrouvé en Europe qu’en 2015.
Sur le volet industriel, l’étude pointe aussi un certain retard européen. Si des efforts ont été faits sur les BFR, l’automobile européenne n’a pas engagé de restructurations profondes. Ainsi, «les fragilités structurelles demeurent», précise Laurent Petizon, managing director chez Alix Partners.
L’étude du secteur sous le modèle Z-score d’Altman, qui sert à évaluer le risque de faillite, en donne un aperçu. Le risque d’insolvabilité a explosé partout dans le monde en 2009. Il touchait environ 40% des équipementiers selon Alix Partners. Mais c’est bien en Europe qu’il a été le plus critique, avec 54% des groupes exposés à un risque de faillite dans les deux ans et seulement 7% des équipementiers jugés en bonne santé (voir illustration). Cette année, la situation devrait rester encore tendue avec 25 à 35% de groupes en risque selon le cabinet de conseil et ce n’est que l’an prochain qu’elle pourrait se normaliser, si les hypothèses de croissance ne sont pas contrariées.
Cela plaide à l’évidence pour une consolidation. D’ailleurs, les auteurs de l’étude rappelle que jusqu’ici les rapprochements ont avant tout été motivés par la mauvaise santé des entreprises (83% des 61 opérations observées en Europe depuis 2007). Tout l’enjeu pour le secteur va donc être de parvenir à prendre les devants et à envisager aussi des opérations non dictées par la contrainte.
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