La scission d’E.ON remet en valeur les utilities européennes
La séparation entre énergies renouvelables et activités conventionnelles pourrait permettre de supprimer la décote dont souffrent les groupes intégrés.
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Olivier Pinaud
En décidant de se couper en deux, avec, schématiquement, d’un côté les énergies renouvelables et de l’autre les activités conventionnelles (nucléaire, gaz, charbon…), E.ON a rendu service à ses comparables. «Même si peu d’utilities européennes ont jusqu’à présent annoncé ce type de restructuration», le plan d’E.ON «devrait mettre en lumière le potentiel de valorisation des autres groupes de ce type en insistant sur la valeur de chaque actifs», estimait récemment Goldman Sachs.
Les analystes de la banque américaine s’étonnent que les groupes intégrés ou hybrides, dont la moitié du modèle provient pourtant de métiers régulés, se traitent avec des multiples proches de ceux des groupes non régulés. «Les utilities intégrées souffrent d’une décote injustifiée par rapport à leur somme des parties. C’est particulièrement vrai pour les producteurs d’électricité ou les réseaux qui se traitent entre 10 et 12 fois leur Ebitda, contre 7,5 fois pour les groupes intégrés», appuient les analystes d’UBS. La prochaine mise en valeur des énergies renouvelables d’E.ON joue également favorablement. Les dernières transactions dans le secteur se sont faites avec une prime moyenne de 30% par rapport à la valorisation de ces actifs, note Goldman Sachs.
La simple analyse financière milite donc pour que d’autres utilities européennes imitent à l’avenir E.ON. Les yeux se sont immédiatement tournés vers RWE. L’idée d’une scission du principal concurrent d’E.ON n’est pas nouvelle. Le groupe a d’ailleurs publiquement rejeté par le passé ce schéma pour s’engager vers une restructuration moins radicale en mettant en vente ses activités d’exploration-production d’hydrocarbures. Surtout, ses engagements pour couvrir l’arrêt programmé des centrales nucléaires allemandes sont tels qu’ils ne pourraient être couverts par les cash-flows de ses activités conventionnelles, rappelle Citigroup, à la différence d’E.ON.
En théorie, GDF Suez pourrait appliquer le même raisonnement qu’E.ON. Mais, avec l’intégration d’International Power, le groupe est moins exposé à l’Europe que son comparable allemand. La structure de capital, avec la forte présence de l’Etat français, ne milite pas non plus pour une opération qui serait avant tout vue comme une stratégie financière.
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