La scission d’E.ON remet en valeur les utilities européennes
En décidant de se couper en deux, avec, schématiquement, d’un côté les énergies renouvelables et de l’autre les activités conventionnelles (nucléaire, gaz, charbon…), E.ON a rendu service à ses comparables. «Même si peu d’utilities européennes ont jusqu’à présent annoncé ce type de restructuration», le plan d’E.ON «devrait mettre en lumière le potentiel de valorisation des autres groupes de ce type en insistant sur la valeur de chaque actifs», estimait récemment Goldman Sachs.
Les analystes de la banque américaine s’étonnent que les groupes intégrés ou hybrides, dont la moitié du modèle provient pourtant de métiers régulés, se traitent avec des multiples proches de ceux des groupes non régulés. «Les utilities intégrées souffrent d’une décote injustifiée par rapport à leur somme des parties. C’est particulièrement vrai pour les producteurs d’électricité ou les réseaux qui se traitent entre 10 et 12 fois leur Ebitda, contre 7,5 fois pour les groupes intégrés», appuient les analystes d’UBS. La prochaine mise en valeur des énergies renouvelables d’E.ON joue également favorablement. Les dernières transactions dans le secteur se sont faites avec une prime moyenne de 30% par rapport à la valorisation de ces actifs, note Goldman Sachs.
La simple analyse financière milite donc pour que d’autres utilities européennes imitent à l’avenir E.ON. Les yeux se sont immédiatement tournés vers RWE. L’idée d’une scission du principal concurrent d’E.ON n’est pas nouvelle. Le groupe a d’ailleurs publiquement rejeté par le passé ce schéma pour s’engager vers une restructuration moins radicale en mettant en vente ses activités d’exploration-production d’hydrocarbures. Surtout, ses engagements pour couvrir l’arrêt programmé des centrales nucléaires allemandes sont tels qu’ils ne pourraient être couverts par les cash-flows de ses activités conventionnelles, rappelle Citigroup, à la différence d’E.ON.
En théorie, GDF Suez pourrait appliquer le même raisonnement qu’E.ON. Mais, avec l’intégration d’International Power, le groupe est moins exposé à l’Europe que son comparable allemand. La structure de capital, avec la forte présence de l’Etat français, ne milite pas non plus pour une opération qui serait avant tout vue comme une stratégie financière.
{"title":"","image":"81728»,"legend":"Indicateurs du secteur \u00e9nergie \u00e9lectrique»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
«Croissance et inflation limitent le potentiel de dépréciation du dollar à court terme»
Amélie Derambure, responsable de stratégies d’investissement multi-actifs chez Amundi. -
L'éducation financière est aussi une affaire de genre
Ce billet est issu de notre newsletter Ambitions dédiée aux femmes dans la finance. -
« Les valorisations japonaises restent raisonnables, nettement inférieures à celles du marché américain »
Valentin Bissat, chef économiste et stratégiste senior chez Mirabaud AM
ETF à la Une
VanEck lance un ETF sur les infrastructures d'électrification
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
- Atalian s’apprête à passer sous le contrôle de ses créanciers
- Le Crédit Mutuel vante la banque à réseau pour concéder l'inévitable passage au digital
- Berkshire Hathaway mise sur la promotion immobilière résidentielle
- Novobanco galvanise les ambitions de BPCE
Contenu de nos partenaires
-
Une « nécessité stratégique » : depuis la Normandie, Pete Hegseth appelle les pays européens à en faire plus pour leur sécurité
« L’Europe doit être la première à assurer sa défense conventionnelle », a indiqué le secrétaire américain à la Défense, depuis la Normandie, où il assistait aux commémorations du débarquement du 6 juin 1944 -
Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine refuse l’invitation pour une rencontre faite par Volodymyr Zelensky
Vladimir Poutine a retoqué la demande de Volodymyr Zelensky, qui proposait un cessez-le-feu complet pendant de nouvelles discussions sur le conflit, avec un échange de tous les prisonniers de guerre -
Bernadette Chirac, ancienne première dame, est décédée à l’âge de 93 ans
L’épouse de Jacques Chirac est décédée à l’âge de 93 ans, vendredi 5 juin. Après avoir vécu dans l’ombre de son mari lorsqu’il était ministre, Premier ministre et président de la République, elle l’a représenté dans les dernières années de sa vie