La scission de Carrefour n’est pas encore gagnée

Alors que l’activiste Knight Vinke sort du bois, Blue Capital devra convaincre au moins la moitié des actionnaires votant à l’AG du 21 juin
Bruno de Roulhac
Une enseigne Carrefour en Bretagne Photo: PHB/Agefi
Une enseigne Carrefour en Bretagne Photo: PHB/Agefi  - 

Une assemblée générale à haut risque pour Carrefour le 21 juin prochain. Alors que le projet de scission à 100% des activités hard discount (Dia) et de 25% du pôle immobilier (Carrefour Property) est loin de convaincre les analystes, l’activiste Knight Vinke semble mener une fronde contre ces opérations. Néanmoins le fonds américain, qui a déclaré le mois dernier détenir plus de 1% du distributeur français, avoue seulement discuter avec les principaux actionnaires de Carrefour et pour le moment «ne rentrera pas davantage dans les détails».

Quoi qu’il en soit, Blue Capital (Colony Capital et Groupe Arnault) devra convaincre les autres actionnaires du groupe pour ce projet d’extériorisation de la valeur du distributeur. Un projet de longue haleine, aucun autre actionnaire ne détenant plus de 1%, hormis les salariés. Relevant de l’assemblée générale extraordinaire, la scission doit obtenir les deux tiers des droits de vote pour être approuvée. Blue Capital y arrivera-t-il ?

Le concert Colony Capital-Groupe Arnault détient actuellement 14,1% du capital et 20,2% des droits de vote. Si, en théorie, il faudrait persuader au moins 40,5% des autres actionnaires, en pratique, un taux bien plus faible suffira. Tout dépendra du quorum effectivement atteint lors de l’AGE. L’an dernier, 50,04% du capital étaient réunis pour l’AGE et autour de 55% des droits de vote. Dans l’hypothèse, où la participation serait la même cette année, il suffirait donc de 36,7% des droits de vote pour faire passer la scission. Blue Capital aura donc à convaincre seulement 16,5% des actionnaires, soit environ un actionnaire sur deux présent ou représenté. «Force est de constater que l’approbation des spin-off IPO n’est pas acquise à ce jour car elle va exiger un taux de conversion élevé (50%) des voix des minoritaires, sachant que ceux-ci ont déjà fait preuve par le passé, sans avoir été fédérés de façon proactive, d’une capacité de rejet concernant des décisions présentées par le conseil d’administration de Carrefour», note Oddo, rappelant que la résolution approuvant les conventions réglementées, relevant de l’AGO 2010, n’a recueilli que 61,9% des suffrages.

De plus, cette hypothèse se fonde sur un quorum stable. Au regard de l’importance de cette réunion, les investisseurs pourraient être plus nombreux à se mobiliser... Reste à savoir dans quel camp ils se rangeront!

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