La saison des résultats débute en fanfare pour l’industrie pétrolière

La forte hausse du prix des hydrocarbures a permis à Exxon, Shell et Eni d’afficher des bénéfices trimestriels bien supérieurs aux attentes
Yves-Marc Le Reour

Après ConocoPhillips qui annoncé mardi un doublement de son bénéfice trimestriel, Exxon, Royal Dutch Shell et Eni ont tous publié hier des résultats supérieurs au consensus, grâce à la forte hausse du prix des hydrocarbures accompagnée de meilleures marges de raffinage d’une année sur l’autre. Les cours du pétrole brut ont en effet progressé de 12% sur la période, tandis que les prix du gaz naturel ont progressé de 29% aux Etats-Unis et qu’ils ont doublé en Grande-Bretagne.

Le bénéfice net d’Exxon, premier pétrolier mondial, est ressorti en hausse de 55,3% à 7,35 milliards de dollars, soit 1,44 dollar par action contre 1,39 dollar prévu par le consensus. Le bénéfice de l’amont (exploration & production) a augmenté de 36% à 5,5 milliards, tandis que celui de la chimie a crû de 40% à 1,23 milliard. Le bénéfice du raffinage a été multiplié par 3,5 en un an pour atteindre 1,16 milliard. En hausse de 20% à 4,45 millions de barils équivalent pétrole par jour (bepj), sa production d’hydrocarbures a été alimentée par de vastes projets dans le gaz naturel liquéfié au Qatar et par son acquisition de XTO Energy en juin dernier. «Nos perspectives pour le raffinage restent très prudentes, particulièrement en Europe», relèvent les analystes de Sandford Bernstein.

Shell a enregistré un bénéfice hors exceptionnels en hausse de 88% à 4,93 milliards de dollars, largement au-dessus du consensus de 4,3 milliards. Sa production a progressé de 5% à près de 3,1 millions de bepj, avec une croissance de 22% des volumes de ventes de gaz naturel. Le groupe anglo-néerlandais a précisé que le moratoire imposé au printemps dernier sur les forages en eaux profondes dans le golfe du Mexique lui a occasionné jusqu’ici une charge de 115 millions de dollars. Bien qu’il ait été dernièrement levé, il pourrait néanmoins être à l’origine d’un manque à gagner «faisant sentir ses effets jusqu’en 2012», souligne le groupe anglo-néerlandais. Il précise qu’il va «continuer à réduire son exposition à l’aval pétrolier».

L’italien ENI a enfin vu bondir de 47,5% son bénéfice net ajusté à 1,7 milliard d’euros, un niveau supérieur de 30% aux attentes des analystes; sa production a augmenté de 1,6% à 1,7 million de bepj. Il reste à espérer que les résultats de Total qui sortent aujourd’hui et ceux de BP prévus le 2 novembre permettent de confirmer cette tendance positive.

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