La restructuration financière de Derichebourg se fait encore attendre
Les résultats semestriels mitigés de Derichebourg militent pour une restructuration rapide du bilan du groupe, dont le capital est majoritairement contrôlé par la holding familiale CFER. Si l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) baisse de 4,8% à 90,5 millions d’euros, le résultat net chute de 47% à 7,2 millions, largement en dessous du consensus en raison de charges non récurrentes et d’une hausse des frais financiers. La dégradation touche le pôle environnement (62% du chiffre d’affaires), avec un fort repli des volumes et des prix dans les ferrailles.
Derichebourg prévoit une activité toujours morose dans le recyclage de déchets métalliques d’ici à l’automne prochain, tandis que le pôle multiservices et l’assistance aéroportuaire (Servisair) bénéficieront d’une saisonnalité favorable. «Ces deux métiers, qui emploient davantage de personnel peu qualifié, devraient également tirer parti du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE)», notent les analystes de Natixis.
Le groupe n’a pas donné d’indication sur son endettement à fin mars. Sur l’exercice clos le 30 septembre 2012, sa dette nette de 624 millions représentait 148% des capitaux propres. Sur un crédit syndiqué de 700 millions d’euros mis en place en 2007, il dispose d’un montant résiduel de 370 millions, composé d’un prêt amortissable de 220 millions et d’un crédit revolving de 150 millions remboursable in fine en juin 2014. A cela s’ajoutent des lignes de crédit bilatérales d’environ 100 millions.
Derichebourg assure être à l’abri d’un risque de liquidité grâce au soutien de ses partenaires financiers. Ceux-ci ont accepté un nouveau tirage de dettes le 31 mai, en dépit d’une rupture de covenant à fin mars. Son ratio de levier (dette nette sur Ebitda) a en effet dépassé pour la deuxième fois en un an le niveau maximal de 2,9 fois, alors que le ratio de couverture des frais financiers nets par l’Ebitda est resté supérieur à son plancher contractuel de 5 fois.
Il n’en reste pas moins que l’obligation d’affecter une partie du cash-flow disponible au remboursement de la dette diminue les ressources consacrées aux investissements. Le groupe évoque un possible refinancement de sa dette ou des cessions d’actifs. Mais un désengagement des services aéroportuaires, évoqué à l’automne dernier, se heurterait à la rentabilité élevée de cette activité qui affiche une marge d’exploitation courante de 7,3%, contre 2,3% dans le multiservices et 1,1% dans l’environnement.
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